Remontés comme des pendules on était. The geeks and the jerkin' socks tournait depuis le début de l'été et tout le
monde (les célibataires de la troupe en tout cas) voulait demander Samaha Sam en mariage .
Pour rappel...

Ça et assister au plus larger than life concert de toute l'histoire des concerts. Ce ne fut pas le cas mais c'était quand
même vachement bien. Voilà.
— Vous pourriez développer non ?
— Si vous y tenez mais je vais devoir dire des méchancetés... Sur son
dernier album Shaka Ponk a réussi à conjuguer des chansons poppy à un groove disco, des guitares metal et un son électro, tout en préservant le feu sacré, l'énergie live, la bonne humeur
communicative. Une performance. Sur scène, c'est pareil. Et pareil que sur Monkey TV (le groupe filme la plupart de ses prestations et les "clippe" en 5 minutes sur son site). Mon erreur fut de
m'abreuver de ces vidéos, particulièrement bien foutues. Du coup, en condition live, je "savais" tout, le groupe restant très proche de l'album (micro-arrangements en moins évidemment). Tout ça
est juste, très précis, énergique... mais parfois l'impression de regarder la Monkey TV version écran géant. Tout est ma faute, j'aurais pas du trainer sur le ouèbe et méanger l'effet de
surprise. C'est d'ailleurs le conseil que je donnerais à tous les amateurs : ne rien voir avant. Et découvrir les projections sur écran (graphiquement superbes), les lights, les singeries de
Fra... Parce que Shaka Ponk assure méchamment, joue à l'avenant et envoie la purée, sans aucun doute.
Dernier petit regret (alors même que le concert fut très bon), le manque de communication global et la distance instaurée
par Samaha Sam s'adressant au public en anglais (!). Peut-être la fatigue d'une longue tournée. Ne voyez là que les réserves d'un pinailleur patenté, Messieurs J. et F., mes joyeux compagnons de
route, semblaient 100% ravis.
Faut bien avouer qu'un autre paramètre entrait en jeu. Qui n'avait rien à voir avec la prestation de Shaka Ponk
elle-même. Je venais de me prendre la plus grosse claque live depuis un paquet de temps (une quarantaine d'années en gros) avec la première partie Skip the Use. Inconnu au bataillon ou presque,
les gars font eux-même leur balance en se marrant (on pensait voir des roadies) et dès le premier titre, souffle la salle. Le registre se rapproche de celui de Shaka Ponk, mélangeant rythmique
disco, guitare funky et / ou metal, claviers électro et chant pop.
Ces mecs là, ce soir là, voulaient mettre à genoux la planète. Et y sont parvenus en 30 ou 45 minutes (j'en sais rien,
j'ai pas vu le temps passer). Rarement assisté à une telle débauche d'énergie. Matt Bastard, chanteur ironique, met la salle dans sa poche en 3'30. Et tout le monde de danser, bouger sur le
rythme infernal pilonné par le duo basse / batterie. La guitare sautille, le clavier gargouille ses zéro et ses un jusqu'aux refrains, fédérateurs, enlevés, noyés de chœurs (très réussis). Et la
vague de plaisir pur, de jubilation s'abat sur la foule. Skip the Use y croit, joue sans tricher, sans second degré musical, sans plan sur la comète. Juste un derviche chanteur, des zicos tout en
sueur et en électricité et l'enthousiasmant spectacle de la jeunesse insolente, de l'innocence au service de la plus belle des causes : celle de la musique qui rend heureux, qui fait oublier la
crise, les cons sur l'autoroute, le KFC un peu glauque et la bière dégueulasse à 3 euros (une constante dans les concerts : "et si on servait de la pisse à 10 euros le litre
?")...

(c) Fo'Tom
Skip the Use joue pour jouer, joue pour transporter et aller ailleurs, Matt joue avec le public, communique et raconte
des énormités, provoque sans être dupe, à l'exacte bonne distance... Celle de la complicité rigolarde. Ce naturel et ce côté "petit crétin" réjouissant, fondamentalement punk, emporte la foule
jusqu'au dernier péquin collé à la barrière de la sono : on se laisse faire, on rit et on attend la suite, le putain de prochain refrain pour brailler ensemble. Et toute la salle de pogotter sur
le "truc le plus dégueulasse" (sic) du groupe (a priori "Don't want to be a star").

A peine rentré j'ai foncé sur Gougle... Résultat : ancien chanteur de Carving, groupuscule hardocre mélodique (m'étais
pas gourré, y avait bien du punk dans tout ça !), un album sans titre auto-produit et désormais introuvable (si quelqu'un peut me le procurer je serais généreux) et un EP, Sound from the
shadows distribué sur iTunes (je ne sais pas s'il existe en "vrai", même remarque que précédemment). Deuxième album prévu en janvier 2012. Autant dire que je l'attends, surtout vu la qualité
du premier et le l'EP (oui j'ai réussi à les écouter quand même mais j'aimerais bien mettre la main dessus...). Pas de miracle cependant, le premier album sonne moins furia que la version live du
groupe, mais dès les cinq titres du mini, la prod monte d'un cran... Bon espoir que le deuxième disque révèle Skip the Use tel qu'on peut l'entendre en live. D'autant que la plupart des chansons
fonctionnent à plein.
Je ne sais pas ce qu'est le "rock français" en 2011 (quand j'entends Phoenix je m'inquiète), mais avec Skip the Use, il
commence à avoir de la gueule. Coup de coeur 2011, espoir 2012.
Histoire de vous faire une idée, la chanson "Gve me your life" version studio...
... et version live.
Je pensais jamais réentendre parler de ce groupe que j'avais complètement oublié depuis. C'est les vidéos (et le chanteur, difficile à oublier) qui ont rafraîchi ma mémoire, notamment parce qu'il avait déjà fait en 2009 la blague sur Iron Maiden.
Un album en 2012 ça m'intéresse, sans m’empêcher de dormir non plus. Aussi bonne soit-elle, leur performance de 2009 n'a pas volé la vedette aux Fatals Picards, la tête d'affiche à ce moment là (mieux en live que sur disque... le coté approximatif passe mieux).
Comme il fait son blasé ! Tsss... ces jeunes...
(Par ailleurs, mais ça c'est pas à publier, j'espère que tu vas bien, si tu as des nouvelles du Canard transmets lui également mes amitiés.)
D'un côté un commentaire positif à publier, de l'autre un message perso. Mais comme c'est pas non plus hyper perso, je publie finalement. Et je vais filer ton mail au Canard.
Par contre n'attends pas 2010 pour le Skip the Use, c'est passé. Mais en 2012 ça devrait fonctionner.
J'ai écouté.
Ce fut une torture.
La production en plastique, la musique en plastique et les émotions aussi. Le produit calibré pour que ceux qui trouvent le rock vulgos et dépassé puissent quand même se croire trop fous dans leur tête.
Du coup, je ne pourrais pas imaginer aller à un de leurs concerts : et s'ils y servaient de la bière en plastique ?