Vendredi 26 juin 2009



Album de jeunes dégueulasses

Bukowski est un produit de synthèse, un truc d'un nouveau genre issu de la cervelle de musiciens nouvelle génération ayant intégré les fondamentaux du rock, du hard rock, du stoner, du heavy metal, du néo, du grunge et de la pop. Genre hybride et protéiforme mais pourtant d'une grande cohérence. Amazing grace joue sur tous les tableaux mais commence souvent par un crochet du droit pleine face. Normal. On a affaire à un "power trio". Dans cette configuration, l'obligation est de cogner vite et fort. Faut impressionner l'adversaire. Et de ce côté-là Bukowski ne s'en laisse pas compter. Le son est massif, musculeux, le riff trapu, la rythmique écrasante et la voix coléreuse. Et toutes les influences pré-citées y passent : riff d'ouverture estampillé Motörhead, couplet plaintif et voix nasillarde à la Alice in Chains ("Bro, you save me"), pop anglaise déguisée (avec un autre son et quelques arrangements différents "The charge song" aurait pu sortir en pleine vague brit-pop), folk-country ("Amazing grace", "Fishing day")... Mais jamais on a l'impression de changer de disque et ce grâce à l'intensité générale qui ne retombe pas. Faut dire que Mat s'y entend pour vous choper par les noix et ne jamais vous lâcher. Sa conviction, sa morgue rocailleuse font que l'on y croit. Et on n'est pas là pour rigoler et chanter les p'tits oiseaux. L'environnement de Bukowski c'est la souffrance, la misanthropie, les affres de l'addiction, l'énergie du désespoir... La musique, en vagues successives suit les humeurs, passant de la colère noire à la lueur d'espoir, de la nuit au crépuscule, de la violence brute à un peu de grâce... Et toujours dans le tourbillon, dans le blitzkrieg, un refrain, une ligne plus forte, plus lumineuse ("Share my sacrifice", "Pillbox", "My name is Kozanowski" et pas mal d'autres). On apprécie que, dans ce tourbillon émotionnel, quelques plages de répit soient aménagées.
Bukowski a trouvé le bon équilibre, s'éloigner des plans fumettes ou des expérimentations maladroites des chantres du stoner, conserver du metal et du hard rock un certain sens du riff et la rythmique appuyée, du grunge et du néo le goût de la douche écossaise émotionnelle, pour finalement concevoir quelque chose qui soit autre. Différent. Et finalement unique.

 

Le mon espace du groupe avec quelques extraits : bukowski666

Par Heavy REM - Publié dans : Diskronik Hard Rock / Metal
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Commentaires

Ohla, on se calme. Une chronique rédigée si vite après le coup de foudre, ça sent l'arnaque. Et ça ne ressemble pas à la politique de la maison.
Et puis moi et les nouveautés, pfff. Enfin, je tenterai une écoute avec des pincettes. La dernière fois c'était le GUNS N' ROSES, alors bon...
Commentaire n°1 posté par Aeronth le 27/06/2009 à 03h28
C'est vrai c'est pas la politque maison. Il y a des exceptions comme Danko Jones, Less Than Jake ou Bukowski (qui tourne en boucle depuis que j'ai reçu). Et dans ce genre précis de cas, je compte sur mon "expérience". Evidemment je peux me gourrer.
Quant au G'n'R je l'ai chroniqué 6 mois après sa sortie. Le temps de l'écouter 400 fois… Je pense que le recul est suffisant.
Réponse de Heavy REM le 29/06/2009 à 15h18
J'ai acheté l'album suite à tes commentaires sur HnH et à l'écoute de leur Myspace. Et je ne le regrette absolument pas.
Je trouve ça vraiment bon avec il est vrai un tas d'influences, du grunge au stoner en passant par le hard rock ou le Heavy. Je ressens même du Black Label Society là dedans.
Un album qui sonne relativement brut avec des rythmiques béton comme sur "My name is Kozanowski" ou sur le furieux "Mysanthropia".
Pour ma part, j'ai craqué sur "Long cold winter" qui développe une belle atmosphère avec un beau travail au niveau des guitares.
Une belle découverte. Merci.
Commentaire n°2 posté par fredouille le 07/07/2009 à 22h27
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