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Jeudi 2 avril 2009
Hard rock
- Avenged Sevenfold - s/t
- Gotthard - Domino effect
- Magnum - Princess Alice and the broken arrow
- Threshold - Reckoning

Punk
- Against me! - New wave
- Bad Religion - New maps of hell
- Dolores Riposte - Sarcasmes et mauvais souvenirs
- Guerilla Poubelle - Punk = existentialisme
- NoFX - They've actually gotten worse live !
- This Is A Standoff - Be excited
- Tiger Army - Music from regions beyond
- Weasel, Ben - These ones are bitter

Divers
- Flogging Molly - Float
- Hives, The - The black and white album
- Mika - Life in a cartoon motion
- My Playing Favorites - I remember when I was pretty
- Ragan, Chuck - Feast or famine
- Vedder, Eddie - Into the wild
Par Heavy REM - Publié dans : Top10
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Mercredi 1 avril 2009
Hard rock
- Death Angel - Killing season
- Guns'n'Roses - Chinese democracy
- Mötley Crüe - Saints of Los Angeles
- Paradox - Electrify
- Volbeat - Guitar gangsters & Cadillac blood

Punk
- Dirty Fonzy - Here we go again
- The Hop La ! - Sans danger
- Millencolin - Machine 15

Divers
- Hellacopters - Head off
- The Solution - Will not be televised
Par Heavy REM - Publié dans : Top10
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Samedi 21 mars 2009



Les bombes humaines
Si les Clash avaient su écrire la moindre bonne chanson, ils auraient pondu The human atom bombs.
Je n'aime pas les Clash. Je n'y peux rien et ce n'est pas faute d'avoir essayé. A part quelques vagues ritournelles ("London calling"...) je n'entends rien de bien intéressant et surtout pas le moindre song-writing. P'têt que les crêtus se régalaient du Clash en live, de l'énergie et du reste. Mais le reste se réduit à peau de chagrin. Les pénibles ahanements d'un Strummer ne sachant ni chanter ni gueuler, les riffs éculés, le discours gaucho incohérent (ces mecs vendront leur musique pour des pubs Levi's... est-ce que ça valait le coup de nous bassiner avec les Sandinistes, les étoiles rouges et toute la panoplie de guérillero ?).
Revenons à Randy, obscur quartet suédois, ayant débuté sous la bannière Burning Heart du hardcore mélodique (le label suédois de Millencolin notamment, rattaché depuis quelques années à Epitaph) . Mais une fois que jeunesse fut passée, les racines rock'n'roll remontèrent à la surface via le très sympathique You can't keep a good band down. Avec The human atom bombs, le groupe "recule" encore un peu plus. L'ambiance est au rock garage et au rock'n'roll le plus pur.
Garage pour le son de guitare cradingue mais vivant, organique parce que bordélique. Garage pour la saturation  légère mais toujours présente sur les voix (tout le monde chante dans Randy). Garage enfin pour le son naturel de la batterie et l'impression d'entendre le groupe jouer à côté.
Mais les suédois ont aussi le goût des choses bien faites, et si The human atom bombs sent un peu sous les bras, l'ensemble tient méchamment la route et se révèle peaufiné : chœurs précis, interventions diverses (harmonica, saxo, guitare slide...) Tout ça au service d'un répertoire impeccable. Si "Chicken shack" s'avère un ouverture d'album étrangement bordélique, tout rentre à peu près dans l'ordre avec une enfilade de chansons directes, joyeuses, mélangeant les refrains façon "pub irlandais" et les mélodies simples et fédératrices Les influences brassées s'avèrent nombreuses : les Clash sur "Punk rock city" ou "Freedom song", les Beatles sur "I don't need love", le garage rock bruyant ("Chicken shack", "Who's side are you on"...), le rock fifties sur l'endiablé "Shape up" (et quelques autres)... Le groupe n'hésite pas à jouer des clichés (le "wahou" crié en intro de "Win or lose", certains riffs "déjà entendus") pour se les réapproprier grâce, notamment, à leur sens mélodique ("Summer of bros", "Karl Marx and history"...).
Karl Marx ? Ah oui, j'ai oublié de vous dire... Randy est un groupe ancré à gauche. La branche positive et optimiste. En un mot, c'est plutôt "L'internationale" ("du passé faisons table rase... le soleil brillera toujours") que la faction musicale des brigades rouges. En outre, j'vous l'aurais pas dit, vous ne l'auriez pas deviné à la seule lecture des paroles.
Les dix-sept titres défilent sans temps mort, et quand on pense tenir la meilleure chanson du disque, la suivante prend sa place ! The human atom bombs est un album moderne délicieusement rétro, intemporel (il aurait pu sortir hier ou il y a vingt ans), pagailleux et réjouissant, sympathique, atomique et humain.

Par Heavy REM - Publié dans : Diskronik Punk
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Lundi 16 mars 2009



"Au large d'une plage dorée, faite de pétasses et de palmiers"...

Un parpaing dans la gueule.
Une rafale de kalach' dans le bide.
Un cent mètre chrono avec meute de rottweilers au cul...
Je vous laisse le choix de l'image pour résumer ce disque. Dans tous les cas, on finit plié en deux, le souffle court. Laminé.
Habitué de la scène punk-hardcore française, les Tagada Jones n'ont jamais fait dans la dentelle et gueulent leur colère depuis des années. Mais à gueuler sans arrêt, on en vient à ne plus rien percevoir, plus rien entendre, plus rien écouter. Et seuls les accrocs du genre y trouvent leur compte. Sur ce disque, Tagada Jones a inoculé ce qu'il fallait de mélodies pour passer la démultipliée en terme d'efficacité.
Le feu au poudre est un rouleau compresseur, une moissonneuse-batteuse. Le son des guitares très synthétique (on pense même à certains essais metal-indus... qui a dit Kill fuck die de WASP ?), la présence de quelques samples, le tout allié à une rythmique matraquée produisent un martèlement permanent. Au dessus du marteau pilon, Niko vitupère, tout en plosive postillonnante, crachant son rejet d'une société asservie au pognon, au capital et aux pourris toute catégorie. Scandant sa haine ordinaire, il explose sur des refrains fédérateurs et enthousiasmants, le plus souvent éclairés d'un gimmick de guitare simple et ultra-efficace ("La relève", "Thérapie", "Combien de temps encore ?"...). Et l'auditeur n'a qu'une envie : tout casser. Clairement. Tagada Jones donne envie d'envoyer chier son boss, les flics et les beaufs, faire sauter le palais Brognard, tabasser un producteur télé ou n'importe quel connard de golden boy. Avec Le feu aux poudres dans les oreilles, on est assez remonté pour reprendre la Bastille une bonne douzaine de fois.

Preuve est faite que la recherche de l'ultime violence musicale ne revêt strictement aucun intérêt. Conserver l'énergie, la canaliser juste assez via une mélodie, aussi minimaliste soit-elle, ajoute à l'efficacité. Quelle colère peut bien se dégager de l'ultime groupe de grind ou de death ultra-brutal face à des riffs bien placés et des paroles toujours compréhensibles ? (mention spéciale à Niko qui ne sacrifie pas sa prononciation à son phrasé... C'est assez rare pour être souligné).
Seule réserve, qui pourrait d'ailleurs s'appliquer à tout autre groupe du même registre : quelle est la portée de cette expression de colère, aussi cathartique soit-elle ? Comme tous les groupes du genre, Tagada Jones ne touche qu'un public convaincu (en gros et pour simplifier, les anarcho-rouges ou juste "gauchos", pour les plus light...). Pourquoi prêcher des convertis ?
En outre je trouve paradoxal d'exprimer des idées "justes" (j'entends par là des "faits objectifs") si c'est pour les affadir par des slogans aussi creux et utopiques renvoyant à des lendemains meilleurs basés sur la bonne volonté, sur la force de la jeunesse, etc. Comment peut-on être pointu dans son observation, virulent dans la retranscription de cette vision et aussi mièvre dans ses propositions ? Quand Zabriskie Point, cynique, joue avec des idées dérangeantes (Guerilla Poubelle, plus récemment, a également emprunté cette voie), tout comme Trust "à l'époque", Tagada Jones se complait dans une vision un peu guimauve d'une internationale gaucho-alter-mondialiste, dont on sait bien qu'elle n'aboutira à rien sans solution "extrêmes". Solutions jamais exprimées dans les textes.
Une petite frustration donc. Mais ne perdons pas de vue l'essentiel, cet album est une réussite, incroyable d'efficacité et de maîtrise. Les quelques réserves énoncées plus haut n'entament en rien mon enthousiasme pour cet album, climax de la discographie du groupe. Aucune de ses précédentes productions ne soutient la comparaison (trop hardcore-droit-dans-le-mur) et même le petit dernier, Les compteurs à zéro, s'il s'inscrit dans la même lignée, ne parvient pas à ce sommet d'intensité.



Le site du groupe : http://www.tagadajones.com/
Le clip de "Cargo".
Par Heavy REM - Publié dans : Diskronik Punk
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Dimanche 15 mars 2009



Hop 'til you drop

J'étais comme un gosse quand j'ai appris que ce deuxième album était dispo. Cherchez pas d'explication "rationnelle", c'est comme ça. Certains groupes vous accompagnent toute la vie, vous influencent et vous inspirent. J'ai gardé les Sheriff à mes côtés pendant des années, et "retrouver" Manu Larnaud (le compositeur du groupe) relevait de l'événement. Constater que Rigolus n'était pas un feu de paille en est un autre (pourvu xa dure !).
Si le programme n'a pas beaucoup changé (mélodies "évidentes" et refrains qui font mouche, rehaussés de chœurs ou de "oh oh" à s'égosiller en concert) l'album frappe plus fort que Rigolus. Les titres sont meilleurs, plus accrocheurs. Côté tempo, les gars ne gardent pas le pied collé au plancher, même si l'ensemble est plutôt enlevé. Du coup le groupe préserve un feeling rock'n'roll. D'ailleurs la production met en avant le couple Gibson / Marshall et laisse résonner les gros accords plaqués, sans surenchère côté compression et effets. Pas besoin d'en rajouter de toutes façons, le groupe sonne plus soudé, plus compact qu'auparavant (probablement le résultat des deux ans de tournée).
Non seulement The Hop La ! s'installe et se "densifie", mais on a droit à un nouvel électrochoc : le retour d'Olivier Tena, chanteur et auteur des Sheriff, responsable cette fois d'une bonne poignée de textes (le reste étant assuré par Manu et Spi, ex-OTH) !
Sans danger est jubilatoire, alternant l'humour potache ("Carnivore blues", "Pas si long"...), les émotions simples et vraies ("Parle-moi", "J'ai besoin de ton aide") ou quelques énervements ("Rien de nouveau", "Choisis ton camp"...). Seul regret, que l'excellent ghost track plein de swing soit planqué après 5 minutes de silence... pas pratique pour l'écouter à chaque fois.
Au même titre que les bons disques des Sheriff (tous ?), Sans danger s'écoute et s'apprécie d'un trait, comme une bière fraîche à la terrasse d'un café ou dans un petite salle de concert aux murs dégoulinant de sueur. A la vôtre.

Le
myspace du groupe propose un medley de chaque album.
Le clip de
"J'ai besoin de ton aide".

Par Heavy REM - Publié dans : Diskronik Punk
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Vendredi 13 mars 2009




L'arroseur axelrosé

Guns est le gagnant du plus grand concours de circonstance du rock'n'roll (ex-aequo avec Nirvana). Deux groupes, apparus au bon moment, correspondant exactement aux envies d'un public fatigué par la grandiloquence musicale et la superficialité d'une scène heavy metal / hard glam en pleine décadence. De là à proclamer la bande d'Axl "meilleur groupe de rock du monde", il y a un fossé dans lequel j'invite à se jeter la cohorte d'adolescents de l'époque qui a cru ce genre d'ineptie.
Guns'n'Roses était un habile faiseur, le cul entre les chaises rock et punk, pilleur invétéré de l'héritage pas encore décacheté d'Aerosmith. Appetite for destruction était fondé sur une énergie bouillonnante, un guitariste soliste inspiré et quatre ou cinq très bons titres. Le reste passait à l'enthousiasme et à la conviction. L'ensemble avait de quoi réjouir, mais pas à ce point. Et c'est bien cette démesure qui est haïssable dans le "dossier Guns". Il est des succès inexplicables, voire injustes, et ceux là ont tout pour énerver l'observateur. L'Histoire prouvera d'ailleurs que G'n'R n'était qu'un feu de paille via les pathétiques albums solo de ses ex-membres, le plus misérable étant Slash l'adulé... Oui on peut être un bon soliste et un mauvais compositeur. "Sad but true" comme on disait dans l'épicerie d'en face.
Ces quelques points énoncés, vous comprendrez que Chinese democracy, sa sortie (ou pas), sa réussite (ou pas) et le reste, ne m'ont jamais ému ou excité. Je n'ai eu que faire des démos de l'album qui ont circulé (pas écoutées), des extraits de concert (pas regardés), etc. Les fans ont attendu ce disque pendant 15 ans. De mon côté, je l'ai attendu 59 secondes. La durée exacte de son interminable intro... 59 secondes d'attente avant d'être pulvérisé par une guitare électro et un riff trisomique.
Pulvérisé. Mis en orbite. Chinese democracy est un album comme on n'en fait plus. Oubliez Guns'n'Roses, le chapeau haut-de-forme, le bandana, les frasques, oubliez "Welcome to the jungle", Aerosmith et ce putain de "Knockin' on heaven's door"... La démocratie chinoise est une utopie, le rêve fou d'un mégalo, le champ de tous les possibles, le territoire de toutes les mixités, de toutes les audaces, un espace de surenchère. Axl Rose, enfin débarrassé des épaves qui l'entouraient, des boulets, des camés bons qu'à jouer du blues ou du punk, a pu élever un peu le propos. Il a cherché la perfection, rien que ça.
Via la composition d'abord. Comment écrire des chansons évidentes sans céder aux clichés immédiats ? La réponse est dans "Shackler's revenge" ou "Better". Deux tubes dont il paraît difficile de se lasser tant ils jouent le contrepied, tant ils surprennent à chaque écoute. "Shackler's revenge" mélange relents electro, passage plus "dance", refrain pop, martèlements indus, solo extra-terrestre, voix hystérique...  Chaque chanson (ou presque) recèle de nombreuses surprises et développe une humeur particulière : "There was a time" sonne comme une musique de film (la faute aux cordes), "If the world" renvoie à un registre plus RnB (au sens contemporain), "Catcher in the rye" a des fragrances liverpudliennes, "Scraped" groove,  "Riad n' the bedouins" muetzine... le point commun à tous les titres est l'emphase, un côté "too much" qui renvoie à des artistes comme Queen ou Meat Loaf, le kitsch en moins. En cela, Chinese democracy s'affirme comme un album de hard rock où le toujours "plus" reste le leitmotiv. Il s'en démarque avec un travail d'arrangement exceptionnel : riche, varié, original, surprenant, il mélange les sonorités et les trouvailles (orchestre, textures électroniques, gimmicks divers, bruitages...). Et comme la production est à la hauteur, c'est un régal en panard-vision, un cinémascope audio avec des grattes dans tous les coins.
Arrêtons-nous sur les guitares/ Rose s'est entouré de deux types de guitaristes : des aventuriers du manche nouvelle génération (Buckethead et Ron Thal) et des gens inscrits dans la tradition rock blues (Robin Finck en tête). Le mélange des genres s'avère détonnant. On passe d'un solo complètement barré qui dévisse et interpelle à une Gibson pleurant dans un sustain sans fin. Et l'affrontement entre les deux écoles n'a pas lieu. On prend le meilleur des deux mondes et basta.
Si monsieur Rose a épuisé des armées de guitaristes et claqué un budget colossal, il ne s'est pas ménagé pour autant. Vocalement, il a enrichi son spectre, arrivant désormais à chanter aigu ET clair. Les lignes de chant se multiplient à l'envi, les chœurs et les harmonies ricochent dans les réverbes et Rose passe par tous les registres, s'époumonant à qui mieux mieux pour nuancer deux secondes plus tard. Même sans être fan de son timbre (toujours aussi particulier), la performance et la qualité d'interprétation sont bluffantes, l'émotion n'étant jamais en reste.
Très riche, très dense, Chinese democracy se "comprend" vite mais s'apprivoise lentement, tant il est fourni. Si le disque est une réussite majeure, fracassante, lumineuse, il recèle tout de même quelques petits défauts. L'organisation des morceaux notamment, avec une concentration des titres lents et des ballades sur la deuxième moitié. Une meilleure alternance des tempos aurait été profitable. Mais je pinaille.
Avec son premier album solo (y a pas d'autre mot), Axl Rose a placé la barre très haut et a rappelé au monde, d'ordinaire esbaudi par toutes les soupes en sachet du moment, qu'il est encore possible de concevoir des disques éblouissants, variés, fignolés à l'extrême, ne correspondant à aucune définition précise, aucune case marketing … Des disques faits pour durer…

Par Heavy REM - Publié dans : Diskronik Hard Rock / Metal
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Mercredi 11 mars 2009

Hibria - The skull collectors (2008)
A l'écoute du premier titre du premier album du groupe on se disait "putain ça défourraille, ces mecs ont tout compris au spimélo". A la fin du disque on tenait le groupe de l'année. Deux écoutes plus tard on était déjà lassé, la musique d'Hibria ayant la profondeur d'une flaque d'eau. On ne tiendra pas aussi longtemps avec The skull collectors. Son écoute ne confirmera qu'une seule chose : le masochisme de l'auditeur qui avait déjà été déçu par le premier et qui se tape le second.

 

Place Vendome - Streets of fire (2009)
Michael Kiske pourrait chanter le bottin que ça serait encore bien. Ce disque, comme tous les albums  solo et autres projets foireux (qui se souvient de Supared ?) de Michel "le metal c'est de la merde" Kiske, prouve le contraire. A tous les dépités, je ne saurais trop vous conseiller de vous rabattre sur le premier album du groupe, seule prestation récente (comprendre : depuis Helloween*) valable du chanteur, avec une bonne poignée de tubes et une pelletée de titres FM tout à fait honnête.

* Je ne compte pas le premier Avantasia où Michel joue le guest de luxe chez l'autre pois chiche. Probablement le meilleur album d'Edguy et le seul bon Avantasia également.

 

The Answer - Rise (2006)
Dans la catégorie Rank Xerox les années 80 nous avaient fourni les Bullet Boys, Kingdom Come et les inénarrables Black Crowes (qui doivent encore avoir des téléphones à cadran tellement ils voulaient rester roots). Les années 2009 nous crachent The Answer et Airbourne, nouveaux clones officiels des Black Crowes et de Krokus. A ce niveau là, seuls votre goût pour l'absurde et votre attirance pour le néant peuvent vous pousser à écouter un de ces disques.
NB : les chroniques du nouvel Answer, écrites de ci de là, rassurent tout le monde : le nouveau disque est ENCORE mieux que le précédent. Dingue.

 

Airbourne - Runnin' wild (2007)
Dans la catégorie Rank Xerox les années 80 nous avaient fourni les Bullet Boys, Kingdom Come et les inénarrables Black Crowes (qui doivent encore avoir des téléphones à cadran tellement ils voulaient rester roots). Les années 2009 nous crachent The Answer et Airbourne, nouveaux clones officiels des Black Crowes et de Krokus. A ce niveau là, seuls votre goût pour l'absurde et votre attirance pour le néant peuvent vous pousser à écouter un de ces disques.

 

Hammerfall - No sacrifice, no victory (2009)
Le meilleur Hammerfall est généralement le premier que l'on écoute, tant leurs disques sont tous identiques. Comme j'ai pris l'affaire au début, mes préférés sont les deux premiers. Les autres étant de fades copies des "originaux". Fait notable sur celui-ci, une poignée de titres m'a tiré de ma somnolence : "Any means necessary", "Life is now", "One of a kind"...
- Y a une ballade aussi ?
- Comme d'hab'. Et un instru. La routine quoi.
- Et une reprise ?
- Ouais... Z'ont repris une chanson de Michaël Youn.

 

Girlschool - Legacy (2008)
Si elles n'avaient pas été copines avec les Motörhead, on n'aurait jamais parlé des Girlschool. Elles reviennent. Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre mais, la presse, les gens qui savent et tous les autres ont "vendu" l'album en parlant du meilleur-du-sincère-ça-invente-rien-mais-ça-tape-juste bla bla-du-bon-rock-à-l'ancienne... Et encore une fois on s'attarde sur le flacon et la petite histoire marketing (la guitariste est morte, y a un titre hommage...) pour ne pas entendre que cet "héritage" est médiocre, remplis de riffs refusés par AC/DC sur son dernier album (c'est dire le niveau). Vaut mieux écouter... heu...le deuxième Fastway. Au hasard.

 

Edguy - Tinnitus sanctus (2008)
Ritchie Blackmore disait que chaque musicien rock a en lui un nombre défini de chansons à écrire. Cet homme est un sage et Rainbow son grand oeuvre. Et plutôt que de s'auto-parodier ou se cramer, il a choisi de jouer une autre musique. Tobias Sammet n'est pas conscient qu'il a dépassé son quota, et de loin. Monsieur Sammet, vous êtres prié d'éteindre en partant et de rendre les clés. Y a des jeunes qui veulent copier The Answer qui attendent.

 

Grave Digger - Ballad of a hangman (2009)
Ach ! Grossen machinen, azzier de la Ruhr, fierté nazzionaleu ! Jamais compris l'engouement pour le heavy bourrin de Grave Digger. Cela dit je ne jette pas la pierre. Au royaume du médiocre mon préféré est Running Wild, c'est dire. Bref, Grave Digger creuse toujours grave (festival du jeu de mots) et les ultras entendront les nombreuses micro-différences avec les précédents. Les autres réécouteront Trapped! de Rage, l'époque bénie où Mani Schmidt avait des choses à raconter.

 

Sideburn - Cherry red (2009)
Sideburn est le clone de Shakra, copie de Gotthard, groupe suisse émérite qui singe souvent AC/DC, Aerosmith et les autres. Malgré cela, Sideburn arrive à être meilleur qu'Airbourne.

 

Saxon - Into the labyrinth (2008)
Je pourrais donner mes deux mains pour un bon nouvel album de Saxon. Comme vous le constatez, j'ai tapé ces lignes sans difficulté. Disco en trois partie ici.

 

Black Tide - Light from above (2008)
Il paraît que ce disque est très bien fait. Effectivement, le rond est parfait, la sérigraphie réussie et le boîtier cristal se referme sans peine. Pour le reste, c'est lamentable. Un heavy speed metal entendu mille fois depuis que Hammerfall n'est plus le seul à le faire, écrit à la chaîne. L'anecdote, c'est que les gars sont "hyper jeunes". Ils pourraient bien être tétraplégiques en sus que ça ne rendrait pas l'album meilleur. Le conseil du mois : (re)découvrez le deuxième Mercyful Fate histoire de vous réétalonner. 

Par Heavy REM - Publié dans : En 5 lignes
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Mercredi 15 octobre 2008

Le sommet du déclin



... on a plutôt plongé dans les abîmes du questionnement de l'angoisse existentielle avec Heavy petting zoo (1996). C'est quoi ce machin ? Personne ne le sait. Même Fat Mike doute ("Weird record. I thought it was the coolest record when we finished it, but a few months later I wasn't so sure. Some of those songs are kinda weird"). Etrange c'est le mot. NOFX méconnaissable, pas beaucoup de fun, de la mollesse (plusieurs titres ont une "construction grunge" alternant couplet calme / refrain énergique), un désenchantement général, des progressions d'accords inhabituelles. Quelques chansons surnagent ("August 8th", "Hobophobic (scare of bums)"), d'autres préfigurent l'ambiance de The decline ("Drop the world" et sa trompette triste). Détail intéressant : l'apparition d'harmonies vocales "à la Beatles". Une première pour NOFX qui renouvellera ce genre de clins d'œil régulièrement.
Heavy petting zoo, disque laboratoire raté est une compil brouillonne de ce que le groupe finira par accoucher un peu plus tard.



Petit intermède ludique, Fat Mike donne rendez-vous à tout le monde le lendemain matin au studio pour enregistrer, en une journée (mix compris), 13 nouvelles chansons destinées à un 45 tours. Petit handicap supplémentaire : il est le seul à connaître ces nouvelles compos ! Un challenge relevé bien entendu et sortie de Fuck the kids (1997), uniquement en vinyle. Treize "machins" beuglés et joués à la va comme je te pousse : prod cradingue, chansons de 8 secondes ("Fuck the kids" et "Fuck the kids II", bonjour S.O.D. !), solos foirés ("Please stop fucking my mom") et délires ados ("Eric Melvin vs. PCP", "Always hate hippies", etc.). Quelques "vraies" chansons aussi. On retiendra : "I'm telling Tim" et les excellentes 42 secondes de "Murder the governement".
Anecdotique mais garanti 100% du producteur au consommateur, sans matière grasse.



Nous étions inquiets. Inutile de se voiler la face. On s'était bien marré avec Fuck the kids, mais on attendait un nouvel album. NOFX était-il perdu pour la cause ("just for the cauuuuuuuuuse") ? . So long and thanks for all the shoes (1997) a rassuré  et séduit tout le monde. Dès l'intro on retrouve l'enthousiasme et l'intensité qui faisaient défaut à Heavy petting zoo. Le groupe ne ménage pas sa peine : l'album défile à vitesse grand V. On retrouve nos crétins préférés dans l'exercice réjouissant de l'uppercut : reprise de "Murder the governement" et l'indispensable "Monosyllabic girl" (respectivement 46 et 54 secondes). Deux titres excellents de moins d'une minute, pas bâclés pour autant. Mélodies accrocheuses, chœurs, refrains qui tuent, idées fortes (dans le "politique" et l'humour). Je ne vais pas vous faire le coup de "à quoi bon un titre d'un quart d'heure quand on peut être aussi bon en moins d'une minute ?". Mais ces deux chansons font réfléchir à ce qu'est, fondamentalement, une bonne chanson.
So long and thanks for all the shoes, comme ses glorieux prédécesseurs foisonnent d'idées : reggae ultra roots ("Eat the meek"), ska sautillant réussi ("All outta angst"), reprise inattendue et bluffante ("Champs Elysées" de Joe Dassin chantée en VF), instru swing ("Flogging a dead horse") et émotion puissance mille ("Falling in love")...
"All his suits are torn", "Quart in session" et "The desperation's gone" (encore un "pré-Decline"...) s'inscrivent dans la lignée des expérimentations tentées sur Heavy petting zoo, mais fonctionnent bien mieux que leurs prédécesseurs.
On pense rarement à citer ce disque dans les "bons", pourtant, il soutient la comparaison face aux standards du groupe. Pensez-y quand vous aurez usé Punk in drublic, White trash two heebs and a bean et The decline.



Fat Mike n'aime pas faire les choses comme tout le monde. Et il aime se lancer des défis. Après le 45 tours de 13 titres enregistrés en une journée, il a cherché la complexité. The decline (1999) est un EP sur lequel ne figure qu'une seule chanson de 18'22".
Il l'a fait. Portrait à l'acide de l'Amérique moderne et de son... déclin (bravo). Un concept éminemment politique pour 18 minutes échevelées durant lesquelles Gros Michel alterne les tempos, les ambiances et les sons. Voix saturées, chœurs hurlées de Melvin, trompette, sons clairs, harmonies vocales, riffs de basses, accélération / décélération, guitare wah-wah... The decline est un rollercoaster passionnant, une composition truffée de détails, de cassures, une expérience punk unique en son genre, intense, émouvante, qui ne peut laisser de marbre. Dans les notes plaintives de El Hefe ou les cris désespérés d'Eric Melvin, le malaise est là, le déclin palpable, incarné. Nous le vivons tous, nous en sommes les acteurs et les victimes. On sait tous que le mensonge est trop gros pour durer plus longtemps, que nous vivons l'agonie, les derniers soubresauts et que ça va mal finir. Et quand la lucidité devient désespoir The decline se termine dans un fade out à chialer, au lointain sonne un glas bientôt recouvert par le bruits des bottes, le thème de trompette repris par la guitare nouent les tripes...
NOFX démontre ici toute l'étendue de son talent. Un résultat qui n'étonnera que ceux qui limitaient le groupe à un rassemblement de punky clowns. Perdu.
Un must du groupe.
Un must du punk.
Un must.

 

Pas 36 solutions pour embrayer derrière un chef d'œuvre...

A suivre

Par Heavy REM - Publié dans : Diskronik Punk
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Mardi 7 octobre 2008

On n'est pas chez ILM !

I'm not here to amuse you
I'm here to abuse my body and mind
I'm here because old habits die hard
And seriously what else I'm supposed to do ?
This isn't my job, my hobby, my habit, it's sad but this is my life





De g. à d. : Fat Mike (chant / basse), Eric Melvin (guitare / chant),
El Hefe (guitare lead / chant / trompette), Erik Sandin (batterie)

NOFX, le groupe des paradoxes, le groupe politico-stupido, quatuor improbable de quadragénaires anti-Bush qui continuent de fourrer leurs doigts dans le nez et de roter dans leurs micros. Musicalement, une des formations punk rock les plus solides depuis les Descendents / All et Bad Religion.
Chez NOFX, c'est Gros Mike le boss. Un surnom davantage du à son petit double menton qu'à un quelconque embonpoint. Ça ou sa fringale de tout contrôler, allez savoir… Alors qu'il est recruté comme simple bassiste, il devient compositeur principal et chanteur (Eric Melvin, son acolyte, ne parvenant pas à cumuler chant et guitare sans sacrifier l'un des deux). Derrière les fûts, Erik "Smelly" Sandin, le seul batteur à apparaître sur tous les disques mais sous différents pseudos).
Au fil des déménagements, des études et des aléas de leur vie adolescente, ces trois là s'éloigneront,  se retrouveront et ne se quitteront plus. Trois types inséparables, trois potes de lycée qui partagent leur vie encore aujourd'hui. Une communauté à laquelle viendront se greffer plusieurs guitaristes. Le troisième sera le bon. El Hefe, chicano multi-instrumentatiste (guitare, trompette), chanteur, clown et imitateur (de voix de dessins animés !) complètera la formation. Ce line-up ne changera plus, pour le meilleur et pour le pire.
Un ingrédient essentiel de la personnalité du groupe : la Californie. NOFX chante la mixité et l'ouverture d'esprit. Comme les hippies chantaient leur San Francisco ? Pas tout à fait mais pas très loin non plus (le groupe est basé à S.F.), au grand dam de Mike qui a du mal à supporter les chevelus. Mais si la Californie chantée par NOFX est celle de la "coolitude" c'est aussi celle de la volonté de s'en sortir seul. Le groupe n'est pas parvenu à la place qu'il occupe aujourd'hui sans effort et sans une bonne gestion.



Les premières errances se veulent résolument hardcore. Comme Bad Religion (un de leurs modèles), les débuts sont laborieux. Ça braille pas mal et ça speede sans réellement toucher la cible. Une poignée de vinyles et de démos cassettes, remportant leur petit succès, sont toujours écoutables grâce au vrai-faux premier album, Maximum rock'n'roll. Le label Mystic sortira en 1992 cette compil des premiers enregistrements parus à l'origine en 1988. Une manœuvre commerciale bien crapoteuse. Fat Mike n'appréciera pas et descendra l'objet, ne l'ayant pas vraiment enfanté. Faut dire que Maximum rock'n'roll est bien mauvais. Enregistrement approximatif, morceaux inexistants, cavalcades bruyantes et chant hurlé. Aucun intérêt.

 



Liberal Animation
(1988) continuera sur cette voie avec une production un peu plus supportable. Premier malentendu, certains considèrent NOFX comme un groupe metal. Scandale ! Mike ne déteste rien plus les hippies que les "metalheads". Il se défend malhabilement en expliquant que certains critiques, un peu trop prompt à user des clichés, ont assimilé le groupe à la mouvance metal à cause de la longueur des cheveux de son guitariste. Mouais… Comme si les guitares n'étaient pas furieusement métalliques tant au niveau du son que du jeu ("Mr Jones", solos de "Here comes the neighborhood", de "A200", breaks typiquement chevelus…).
Côté répertoire rien de terrible encore une fois. Le chant reste hurlé et désagréable. On sourira sur le final de "Shut ut already" (approximation volontaire du "Black dog" de Led Zep), ou sur le début reggae de "Here comes the neighborhood". Pas bien passionnant.
On remarquera également la variété du discours, souvent décalé. Racisme ("Here comes the neighborhood" ), liberté d'expression ("Freedumb"), protection des animaux et végétarisme tournés en dérision ("Shut up already", "Vegetarian mumbo jumbo"), problème éthique des contestataires ("Piece") ou textes purement stupides ("Crabs", "Beer bong", "I live in a cake").
Tout ceci reste assez anecdotique et Liberal animation difficilement écoutable.




L'
aventure continue avec S&M airlines (1989). Première évolution notable, le chant un peu plus maîtrisé. Le son, lui aussi, s'améliore, proportionnellement au temps passé en studio. NOFX se cherche encore. Toujours influencé metal et toujours aussi peu mélodique. On se raccroche à quelques refrains scandés ("Drug free America"… un des chevaux de bataille du groupe, pro-drogue depuis toujours). A noter la reprise de "Go your own way" de Fleetwood Mac : couplets massacrés, changement de paroles du refrain… on ricane. Intéressant aussi de constater que si NOFX a la réputation de déconneurs, certains textes s'avéraient déjà politiques ("Jaundiced eyes").
Le groupe s'améliore et on écoute avec un certain plaisir "You drink, you drive, you spill", "S&M airlines" et "Go your own way"). Un peu léger pour recommander l'album.

 



Ribbed (1990) est l'album du changement. Interprétation et production atteignent un meilleur niveau, l'ensemble est davantage contrôlé. Mais c'est surtout stylistiquement que le groupe s'affirme. Tous les ingrédients qui caractérisent NOFX apparaissent enfin. Dès "Green corn" c'est l'uppercut (surtout si l'on connaît les disques précédents). La basse, claquante, trépide en arrière plan, les breaks sont devenus nerveux et relancent la machine très régulièrement là où le groupe se perdait parfois dans des chansons de 4 minutes). Nervosité, vitesse et mélodie avec la première apparition des gimmicks en octave. Cette technique (utilisée en jazz par des gens comme Wes Montgomery) est devenue la marque de fabrique du groupe, repris par des centaines de formations punk depuis. Enfin, harmonies vocales et chœurs enrichissent les lignes de chant de Fat Mike.
NOFX ne se cantonne plus au seul hardcore mélodique, agrémentant ses chansons d'influences et de styles "extérieurs". Break doo-wop et voix harmonisées sur "The moron brothers" et "New boobs", couplet ska surprise de "Food, sex &  Ewe", jazz pour le léger "Together on the sand"…
Le reste des titres rentre dedans, alternant fun et colère, avec toujours un minimum de mélodies. Finies les gueuleries gratuites des albums précédents.
Ribbed est la preuve qu'un groupe peut apprendre son métier en l'exerçant. Un gros label n'aurait jamais attendu aussi longtemps que le groupe trouve son style. NOFX passe ici un cap, pour devenir un espoir de la scène punk US.





Histoire de présenter son nouveau guitariste, NOFX publie The longest line (1992) sur Fat Wreck Chords, le label de Fat Mike. Cinq titres pour asseoir un peu plus la nouvelle formule. Le groupe s'avère extrêmement nerveux dès "The death of John Smith" : 3'50 truffées de breaks heurtés, de redémarrages pied au plancher et de riffs divers. Sur les cinq titres proposés, deux sont rigoureusement indispensables. "The longest line" d'abord, une chanson unique dans leur répertoire : simplicité biblique, registre grave de Fat Mike et un refrain qui marque le cerveau à vie. "Kill all the white man" ensuite, un classique en concert, un reggae agrémenté de la trompette de El Hefe (ce type sait tout faire !), qui s'achève furieusement sur un "tuons l'homme blanc" à brailler à s'en faire péter les canettes. Côté expérimentation on remarquera le break jazzy de "Remnants" (une chanson pas terrible en dehors de ce passage… notez la reprise typiquement metal en sortie break… sacré Fat Mike…).





Au top de sa créativité, NOFX balance White trash, two heebs and a bean (1992). Œuvre foutraque et chamarrée qui montre un groupe tout en muscles et en nerfs (sauf sur la pochette). Les titres sont très riches et réservent de nombreuses surprises dans les 2'30 imparties. El Hefe dynamite le tout en assumant son poste de véritable guitariste lead (thèmes d'intro, solos, transitions…). Chaque chanson possède une identité forte : intro de basse mythique de "Stickin' in my eye" et redémarrage final avec traces de gomme sur le goudron fumant,  passage ska / trompette pour aérer "Bob", reprise entièrement jazz (son clair, walking bass, voix de crooner de El Hefe et solo délicat) du "Straight edge" de Minor Threat, les apôtres du mouvement… Peut-on vraiment parler de reprise d'ailleurs ? Seules les paroles évoquent le direct dans la gueule de Minor Threat ! Un sacré pied de nez aux intégristes du crâne rasé et du "no drugs" : NOFX, comme tout bon punk, se méfie du dogme et des règles trop strictes. Humour toujours avec "Please play this song on the radio", un tube forcément jamais diffusé (si on devait attendre que les radios fassent leur boulot), une mise en abîme jamais entendue d'un chanteur décrivant sa propre chanson en temps réel… Pas le temps de crier au génie, il faut pleurer sur "She's gone", rire sur le ska débonnaire de "Johnny's Appleseed", etc. Les titres ne se terminent jamais comme on le prévoit, les breaks jouent le contre-pied en permanence, le micro passe de Fat Mike à El Hefe et toujours, le groupe garde le cap. NOFX domine son sujet, surfant avec aisance sur les styles, alternant gravité et humour, cynisme et blagues potaches, l'unité de l'album passant par un son de guitare très typé (un crunch léger, étonnant dans le punk, y compris dans les moments les plus sauvages, très proche du son clair utilisé sur d'autres passages). White trash, two heebs and a bean est l'album du "tout est possible", un disque de pure liberté punk, un "ni Dieu ni maître" à 240 bpm : on fait ce qu'on veut, et ça sera toujours du punk parce que c'est notre musique… Nous, le petit blanc, les deux feujs et le chicano.





Punk in drublic
(1994) enfonce le clou. La recette est la même, forcément un poil moins surprenante, mais très efficace, les compositions étant toujours de très bonne qualité. El Hefe confirme tout le bien qu'on pensait de lui et de sa polyvalence. La nouveauté vient de la production de Ryan Greene. L'homme façonnera pendant des années le son du groupe et celui de l'écurie Fat Wreck. Mais avant d'uniformiser le punk rock californien, il s'est occupé de Punk in drublic. Les guitares, brillantes, "croustillent" littéralement, les chœurs et les arrangements vocaux, plus soignés qu'auparavant, chroment l'ensemble… Punk in drublic s'écoute à grande vitesse, passant en revue tous les genres : chanson à boire ("The brews"), hardcore mélodique nerveux ("Linoleum" ou "Don't call me white"), tristesse hurlée ("Lori Meyers"… à remuer les tripes), l'iconoclaste ("My heart is yearning"), mêlant les émotions jusqu'au terminus, le poignant et électro-acoustique "Scavenger type".
Punk in drublic sera la bible de tous les punk rockers "mélo" pour la décennie à suivre. Pas forcément une bonne chose (la fameuse uniformisation évoquée plus haut). Mais grâce à ce disque, NOFX entre dans le petit cercle des artistes référentiels du genre.




J'ai peu évoqué la facette live du groupe jusqu'à présent. Le disque médiocre qui suit sera un bon prétexte. NOFX privilégiant le naturel et la spontanéité, les boissons fortes et les substances de toutes sortes, il n'est pas rare de croiser un Fat Mike défait ou ronchon pendant un concert. Comme monsieur tout le monde en somme. NOFX en live c'est le loto : fulgurances punk et mise au point ou pochetronade lourdingue ? Faites vos jeux. L'autre particularité du groupe est de beaucoup parler. Sur une heure de concert, un bon quart d'heure (voire plus) est consacré à la tchatche, aux vannes entre musiciens, aux vannes sur les spectateurs, aux vannes sur les autres groupes (en festival notamment). C'est un genre. C'est le leur. Une fois ces bases posées, ce I heard they suck live !! (1995) est le fidèle portrait du groupe. 1'46 de blagues avant d'entendre "Linoleum", des breaks exécutés "comme sur les disques" etc. le tout avec un son brut (un bon exemple d'authenticité sonore pour l'auditeur des lives de Judas Priest ou de Green Day). Le problème majeur de l'album est d'être plombé par 7 titres bourrins pré-Ribbed. Une set-list qui ne joue pas en sa faveur. On lui préfèrera le live de 2007.

Après cette parenthèse live anecdotique on attendait un retour fracassant de NOFX avec un nouveau disque et…

À suivre

 

Par Heavy REM - Publié dans : Diskronik Punk
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Lundi 6 octobre 2008



Pourvu xa dure !

Les groupes comme Dolores Riposte ont cela de réjouissant qu'on a l'impression d'écouter des potes. Sarcasmes et mauvais souvenirs déborde de cette énergie brute d'une jeunesse confiante et survitaminée. Confiante dans sa démarche et sa sincérité. Confiante parce qu'elle donne tout. Là. Maintenant.
Le groupe pourrait être trop rapidement assimilé à un clone de Guérilla Poubelle (trio hardcore mélodique, chant français, label Guérilla Asso, livret noir et blanc...). Ce serait dommage. Oui, les deux formations sont proches, mais Dolores Riposte privilégie davantage la mélodie. Si l'ensemble reste très simple, les gars ont le sens de la ritournelle qui fait mouche (ex :
"Si j'avais des crayons de couleur"). Pas autant que les Shériffs mais pas loin. Les gimmicks US à l'octave sont bien assimilés, les harmonies vocales plutôt réussies (parfois un peu systématiques peut-être) et les quelques chœurs "braillés" donnent envie de s'y mettre aussi.
Mélodie + énergie, le pari est presque gagné. Reste les textes et l'émotion. Côté texte, le disque porte bien son nom. Ça ricane sévère, "no future" punk et cynisme à tous les étages. Dolores Riposte reste sur le fil, entre spectateur et acteur, entre victime et bourreau... Mais jamais on a droit à une leçon (merci). Avec des chansons comme "L'option B" (poignant), "Régis" ou "Catéchisme" le groupe parvient à toucher l'auditeur avec des titres mélancoliques aux textes parfois un peu naïfs mais plutôt justes. Rien ne changera après l'écoute de l'album, mais ça fait toujours plaisir de partager des choses. On se sent moins seul.
Un seul regret, les quelques maladresses grammaticales et orthographiques. On fermera les yeux, tant Sarcasmes et mauvais souvenirs fonctionne à plein régime, pied au plancher. En attendant Fatalisme et anorexie sociale, le deuxième album, prévu le 10/11/08.

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Par Heavy REM - Publié dans : Diskronik Punk
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