Si vous ne savez pas ce que signifient : arpège, legatto, tapping, harmonique, etc. ce sonik est fait pour vous : la guitare pour les nuls expliquée par un nul, une première dans le genre sur
Inox. Bonne écoute, en espérant que vous saisirez mieux le merveilleux monde le la guitare après ceci.
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Les extraits utilisés dans ce sonik sont tirés des morceaux suivants : - "Nothing else matters" de Metallica (s/t) - "Ain't talkin' about love", Van Halen (s/t) - "Children of the sea" de Black Sabbath (Dio at Donington UK - Live 1983) - "Crusader" de Saxon (Crusader) - "Stairway to heaven" de Led Zeppelin (IV) - "Master of puppets" de "Metallica (Master of puppets) - "Never surrender" de Saxon (Heavy metal thunder) - "Antisocial" de Trust (Répression dans l'hexagone) - "Painkiller" de Judas Priest (Painkiller) - "Yellow rain" de Pretty Maids (Future world) - "Kickstart my heart" de Mötley Crüe (Dr Feelgood) - "Eruption" de Van Halen (s/t) - "Flash of the blade" de Iron Maiden (Powerslave) - "Thunderstruck" de AC/DC (Razor's edge) - "Top Jimmy" de Van Halen (1984) - "Woke up with wood" de ZZ Top (Afterburner) - "Straight to the heart" de Dio (Dio at Donington UK - Live 1983) - "Secret loser" de Ozzy Osbourne (Ultimate sin)
Tout le monde connaît la blague : "Comment fait on pour qu'un orchestre arrête de jouer ? On lui enlève ses partitions.
Et pour un groupe de rock ? On lui en donne une". Qu'est-ce qu'on se marre. Le rock, musique de crétin pour adolescents (et vice-et-versa). Et toujours le vieux complexe : celle de la
chanson face à l'art majeur. Certaines personnes, très cultivées et très intelligentes, passionnées de toutes les musiques, passent outre, picorant du jazz à la musique classique, plaçant la
chansonnette au même niveau que le reste, se targuant de seulement trier les bonnes et les mauvaises musiques, sans a priori de genre. Respect. D'autres, tout aussi intelligentes et respectables,
érigent un mur de béton entre les deux disciplines. A ma gauche la chanson, la musique populaire, l'art mineur par excellence... Trois mois de guitare, six mois de piano, un filet de voix et
voilà le bagage (le baluchon ?) suffisamment rempli pour se lancer. A ma droite, la Musique, art majeur nécessitant donc initiation, compétence et décryptage pour être pleinement compris et
apprécié (sans même parler de pratique pour laquelle l'apprentissage se compte en années).
Si la bataille doit avoir lieu, j'ai choisi mon camp. Le second. Hiérarchisation et élitisme : la chanson, n'importe quel
gland peut en pondre trois demi-douzaines entre la poire et le fromage. Une symphonie, un rondo, niet. Temps d'initiation nécessaire pour comprendre "(I can't get no) Satisfaction" ? 40" (le
temps d'arriver au premier refrain, et encore je vous trouve lent). Combien d'écoutes pour "maîtriser" la 9e de Beethoven ? Compétences nécessaires pour écrire "Johnny B. Goode" ? : trois doigts
mobiles, une tessiture de sanatorium et savoir imiter la démarche du canard en jouant de la guitare (Pinder embauche). On compare au "Printemps" de Vivaldi (tube contre tube)? Vaut mieux
pas.
Bref, comme Gainsbourg fustigeant Guy Béart dans une exhalaison de Gitanes, je pense que la chanson et la musique populaire
dans son ensemble c'est du facile. Du nanan. Du pas grand chose, voire du que dalle. Reste à savoir si on accepte, honnêtement, avec lucidité, cet état de fait et son goût pour la facilité, pour
les machins accessibles à monsieur tout le monde. En gros, accepte-t-on de ne pas péter plus haut que son cul ?
Pour rappel...
Si, à titre perso, je m'en accommode bien gracieusement, frôlant consciemment le niveau de la mer, d'autres s'y refusent.
Non, das is not possible, vous ne m'aurez pas vivant, j'écoute de la Musique et la Musique n'a pas de frontière ou de limite, elle est le rassemblement et l'unicité, point de hiérarchisation et
de classement, idée proprement insupportable d'une "sous-culture" (qui regrouperait, je le rappelle, la BD, la télé, le cinéma de genre, la littérature SF / fantastique / polar, etc.)
Pas mal de musiciens rock font partie de cette dernière catégorie (comme Guy Béart donc). Sans m'aventurer trop avant sur
le terrain glissant de la cyber-psychologie, j'imagine là un complexe d'infériorité d'une part, mêlé au refus définitif du paradoxe : si j'aime la chanson et que la chanson est une discipline
mineure, j'aime quelque chose de mineur. Serais-je donc mineur moi-même ou, pour le moins, sans envergure ? Comme si on ne pouvait apprécier la médiocrité en connaissance de cause... Fin de la
parenthèse psycho à 75 euros (je ne prends pas la carte bleue). Complexe qui pousserait certains à prouver au monde leur valeur, en démontrant par a+b la tsunamiesque puissance créatrice qui les
parcourt chaque jour. J'comprends bien, on a tous nos problèmes.
Du coup dès les années 70, les types ont craqué leurs futes pattes d'eph'... Et paf un orchestre symphonique ici, tac des
synthés qui imitent les violons par là... Et quand je dis "années 70", je devrais plutôt montrer du doigt les deux plus grands criminels de la deuxième moitié du vingtième siècle en la matière de
saccage du bon rock à guitares avec des putain d'instruments qui n'ont rien à foutre là : Sir Paul McCartney et Mister Brian Wilson, tout deux touchés un jour par une muse taquine qui leur a
soufflé l'idée saugrenue suivante : "Et si tu mettais du cor de chasse dans cette chanson ?".
Côté hard rock, dès le départ c'était cuit. Deep Purple, groupe de jam blues rock à tendance stridente, s'est vite acoquiné
au symphonique, sans parler de la propension de m'sieur Plusnoir à piquer ici et là des plans à Jean-Sébastien (Bach, pas le chanteur de Skid Row, l'autre). Les gars voulaient gagner du galon
après avoir composé l'une des chansons les plus indigentes de l'histoire ("Smoke on the water", que le public continue d'apprécier, mystifié par le légendaire riff). Et l'Histoire de voir défiler
les albums rock lorgnant désespérément vers la grande sœur, la patronne, la musique classique, respectable, respectée, peu écoutée mais prodiguant à son cercle le plus proche son aura de
crédibilité, ce halo de compétence, adoubement ultime, carte VIP platinum dans le monde des Musiciens. Oui, avec majuscule.
Plus récemment, une nouvelle maladie a frappé. La bande originale de film est devenue le nouveau Graal musical. La création
d'ambiance, la musique cinémascope, Hollwyood, Danny Elfman, John Williams... Rappelons que les BO (illustratives ou pas) complètent un film. Pour pondre une BO, il faut des images. C'est la
base. Vouloir faire une musique de film sans image, pour "raconter une histoire que s'imaginerait l'auditeur" revient à croire que, hors du cadre de la BO la musique ne parviendrait pas à
suggérer un ailleurs de la pensée et de l'imaginaire... Alors même que le fondement de la musique est bien de créer, ex-nihilo image et émotion... Quelle tristesse. Rappelons également, que la
fonction de la BO est de soutenir (y compris par l'opposition, le contraste ou le contre-emploi) un propos, une intention a priori artistique, pré-existante. Quelle absurdité de vouloir composer
une musique contrainte illustrant un discours qui n'existe pas.
Bref, les groupes à BO, c'est plutôt poubelle. D'autant que les options musicales des Rhapsody-like sont à pleurer :
mauvais sons (non, un orchestre ne peut pas être simulé par un synthé), mauvaise thématique, mauvais livret. Mais le hard rock n'a pas peur du ridicule et depuis quelques années nous inflige tous
les symphoniais du territoire. A ce stade de la conversation, et puisque nous sommes sur internet, je devrais utiliser le smiley qui lève les yeux au ciel, tant les mots manquent face à
l'absurdité de cette situation. Même Judas s'y est mis, c'est vous dire si la catastrophe a eu lieu.
Dans tout ce fatras, j'en sauve deux. Pas trois, pas un. Deux. Therion et Turisas. Therion a choisi l'option "opéra" avec
une certaine réussite (vocale notamment). Turisas oeuvre dans le genre BO avec succès depuis son dernier album, Stand up and fight. J'écarte les deux premiers pour trois raisons
: - les moyens ridicules pour un rendu sonore qui se veut majestueux et sonne Bontempi... Dans ce domaine, bannissons les
synthétiseurs et les prods garage. - quand on veut se frotter à une approche classique, faut chanter. Les gueuleries black / death à la petite semaine, ça va
un peu mais on se lasse vite. Pour ma part en tout cas. - d'un point de vue purement musical, ces disques s'avèrent diablement faibles : constructions foutraques, mélodies
vaguement folk sans grand intérêt, Turisas enfile les clichés comme autant de perles et renvoie au pire du folk metal nord-européen, entre gigues pour buveurs de bières et Manowar de pacotille :
brailler "battle" ou "metal" , ne suffit pas pour se hisser au niveau des quatre Américains.
Turisas fonctionne comme un vin de garde : faut laisser le temps opérer, la poussière se déposer. Pour que les parfums se
libèrent, que la fermentation s'achève... Dans cette optique, Stand up and fight se pose comme le résultat chiadé des deux brouillons précédents, à tout niveau.
Bénéficiant d'un peu plus de temps ou de moyen (voire des deux), Turisas a enfin inclus de nombreux "vrais" instruments
classiques, en lieu et place des maudits synthétiseurs, toujours présents, mais habilement mixés aux sonorités authentiques : de fait, le son s'enrichit et devient beaucoup plus dynamique
(flagrant sur les cuivres). Coté composition, le bon en avant est fulgurant : sur la première moitié de l'album le groupe privilégie l'approche "chanson", ramassant ses structures pour une plus
grand efficacité ("The march of the Varangian guard", "Stand up and fight" poussent à lever le poing et à chanter à l'unisson). Sur le reste du disque, il laisse libre cours au cinémascope et
prend de l'ampleur, avec des titres plus longs et plus fouillés mêlant les émotions, notamment grâce à l'évocation du folklore russe, nostalgique et prenant. Une influence déjà présente sur
The varangian way, cette fois magnifiquement mise en avant, grâce aux chœurs massifs. Le plus gros effort portant définitivement sur la mélodie via un chant beaucoup plus varié et
nuancé, qui remplace avantageusement les coassements black / death.
Turisas assume ici son ambition "BO" dans ses arrangements, l'orchestral et les chœurs prenant une très grande place dans
le mix, au détriment de la facette metal. Pas une grosse perte pour les guitares, qui n'ont jamais brillé par leurs riffs ou leur inventivité. Elles soutiennent et donnent un léger mordant à
l'ensemble. Mais c'est cet ensemble qui compte et s'inscrit dans la veine des BO "à l'ancienne" : "Les sept mercenaires", "Les vikings", "Ben-Hur", "Laurence d'Arabie"... Et c'est d'ailleurs
cette orientation qui rend la musique de Turisas crédible et bien moins mièvre que celle de la concurrence. Si le groupe donne encore ici et là dans le cliché metal ("Stand up and fight"),il joue
pour le reste avec l'imaginaire musical des grandes fresques hollywoodiennes. On passe de la tourmente de "Fear the fear" aux montagnes forcément russes de "End of an empire" ou au poignant "The
Bosphorous freezes over" (en fait de Bosphore, c'est à la Volga et ses bateliers auxquels on pense le plus souvent en cette fin d'album). Pas de plastique, d'images de synthèses ou de fond vert
ici : du rêve 100% naturel, vastes plaines balayées par les vents capricieux, chevauchées sabre au clair, abordage coutelas entre les dents, tout y passe et pour notre plus grand bonheur, on
évite les lutins, les fées, les petits magiciens à lunettes... On pense plus facilement à Yul Brynner qu'à Harry Potter. Et c'est pas plus mal.
Sur Stand up and fight, Turisas se permet tout, délaissant souvent le bréviaire metal pour piocher allègrement
dans le monde de la BO sans jamais oublier de composer des titres qui conservent finalement une accessibilité souvent oubliée par les amateurs de complexité pour la complexité. Une performance
musicale et une réussite artistique. Mon album de 2011.
Nouvelle année et nouveau look pour Inox du genre Immaculée Conception. Et comme je fais pas les trucs à moitié et que la période est aux cadeaux et aux embrassades, j'offre des badges et des
stickers Inoxydable histoire de fêter ça.
Pour choper ces magnifiques bidules ultra collectors qui feront des envieux dans votre entourage et vous apporteront
bonheur, amour, chance au jeu, réussite professionnelle, retour de l'être aimé et vous débarrasseront définitivement de tous ces p'tits machins qui vous font une vilaine peau, c'est tout simple
et c'est gratos (si si) : suffit de m'envoyer votre adresse (postale, les badges ça passe par Touiteur ou Fessebouque) via le lien "Contact" là, juste à gauche
de la page dans "Rien à déclarer" et c'est tout. Normalement dans les deux semaines vous recevrez tout ça.
Amis paranoïaques, rassurez-vous, je ne stocke aucune adresse dans aucun fichier. Le temps de la recopier sur une
enveloppe et je l'aurais déjà oubliée. Donc vous n'aurez pas des "Vous avez gagné un milliard d'escudos" dans votre zolie boîte aux lettres par ma faute. Question d'éthique et toc.
Voilà, c'est cadeau, c'est bonheur, et bientôt des nouveaux articles et une chouette sonik aussi dès que j'ai retrouvé ma
belle voix de stentor (rapport à la crève qui me fait tousser toutes les 15 secondes et qui m'empêche de pondre un sonik depuis 60 jours... là vous savez vraiment tout).
EDIT :
Les badges ont été fabriqués par Modern City (rapide, efficace et sérieux).
N'hésitez pas à prendre des photos des stickers Inox collés dans des endroits improbables. Je publierai et je renverrai des stickers.
Et pour ceux qui se demandent comment je fais et comme je l'ai expliqué dans les commentaires : j'achète les trucs et je les donne. C'est tout.
Remontés comme des pendules on était. The geeks and the jerkin' socks tournait depuis le début de l'été et tout le
monde (les célibataires de la troupe en tout cas) voulait demander Samaha Sam en mariage . Pour rappel...
Ça et assister au plus larger than life concert de toute l'histoire des concerts. Ce ne fut pas le cas mais c'était quand
même vachement bien. Voilà. — Vous pourriez développer non ? — Si vous y tenez mais je vais devoir dire des méchancetés... Sur son
dernier album Shaka Ponk a réussi à conjuguer des chansons poppy à un groove disco, des guitares metal et un son électro, tout en préservant le feu sacré, l'énergie live, la bonne humeur
communicative. Une performance. Sur scène, c'est pareil. Et pareil que sur Monkey TV (le groupe filme la plupart de ses prestations et les "clippe" en 5 minutes sur son site). Mon erreur fut de
m'abreuver de ces vidéos, particulièrement bien foutues. Du coup, en condition live, je "savais" tout, le groupe restant très proche de l'album (micro-arrangements en moins évidemment). Tout ça
est juste, très précis, énergique... mais parfois l'impression de regarder la Monkey TV version écran géant. Tout est ma faute, j'aurais pas du trainer sur le ouèbe et méanger l'effet de
surprise. C'est d'ailleurs le conseil que je donnerais à tous les amateurs : ne rien voir avant. Et découvrir les projections sur écran (graphiquement superbes), les lights, les singeries de
Fra... Parce que Shaka Ponk assure méchamment, joue à l'avenant et envoie la purée, sans aucun doute.
Dernier petit regret (alors même que le concert fut très bon), le manque de communication global et la distance instaurée
par Samaha Sam s'adressant au public en anglais (!). Peut-être la fatigue d'une longue tournée. Ne voyez là que les réserves d'un pinailleur patenté, Messieurs J. et F., mes joyeux compagnons de
route, semblaient 100% ravis.
Faut bien avouer qu'un autre paramètre entrait en jeu. Qui n'avait rien à voir avec la prestation de Shaka Ponk
elle-même. Je venais de me prendre la plus grosse claque live depuis un paquet de temps (une quarantaine d'années en gros) avec la première partie Skip the Use. Inconnu au bataillon ou presque,
les gars font eux-même leur balance en se marrant (on pensait voir des roadies) et dès le premier titre, souffle la salle. Le registre se rapproche de celui de Shaka Ponk, mélangeant rythmique
disco, guitare funky et / ou metal, claviers électro et chant pop.
Ces mecs là, ce soir là, voulaient mettre à genoux la planète. Et y sont parvenus en 30 ou 45 minutes (j'en sais rien,
j'ai pas vu le temps passer). Rarement assisté à une telle débauche d'énergie. Matt Bastard, chanteur ironique, met la salle dans sa poche en 3'30. Et tout le monde de danser, bouger sur le
rythme infernal pilonné par le duo basse / batterie. La guitare sautille, le clavier gargouille ses zéro et ses un jusqu'aux refrains, fédérateurs, enlevés, noyés de chœurs (très réussis). Et la
vague de plaisir pur, de jubilation s'abat sur la foule. Skip the Use y croit, joue sans tricher, sans second degré musical, sans plan sur la comète. Juste un derviche chanteur, des zicos tout en
sueur et en électricité et l'enthousiasmant spectacle de la jeunesse insolente, de l'innocence au service de la plus belle des causes : celle de la musique qui rend heureux, qui fait oublier la
crise, les cons sur l'autoroute, le KFC un peu glauque et la bière dégueulasse à 3 euros (une constante dans les concerts : "et si on servait de la pisse à 10 euros le litre
?")...
Skip the Use joue pour jouer, joue pour transporter et aller ailleurs, Matt joue avec le public, communique et raconte
des énormités, provoque sans être dupe, à l'exacte bonne distance... Celle de la complicité rigolarde. Ce naturel et ce côté "petit crétin" réjouissant, fondamentalement punk, emporte la foule
jusqu'au dernier péquin collé à la barrière de la sono : on se laisse faire, on rit et on attend la suite, le putain de prochain refrain pour brailler ensemble. Et toute la salle de pogotter sur
le "truc le plus dégueulasse" (sic) du groupe (a priori "Don't want to be a star").
A peine rentré j'ai foncé sur Gougle... Résultat : ancien chanteur de Carving, groupuscule hardocre mélodique (m'étais
pas gourré, y avait bien du punk dans tout ça !), un album sans titre auto-produit et désormais introuvable (si quelqu'un peut me le procurer je serais généreux) et un EP, Sound from the
shadows distribué sur iTunes (je ne sais pas s'il existe en "vrai", même remarque que précédemment). Deuxième album prévu en janvier 2012. Autant dire que je l'attends, surtout vu la qualité
du premier et le l'EP (oui j'ai réussi à les écouter quand même mais j'aimerais bien mettre la main dessus...). Pas de miracle cependant, le premier album sonne moins furia que la version live du
groupe, mais dès les cinq titres du mini, la prod monte d'un cran... Bon espoir que le deuxième disque révèle Skip the Use tel qu'on peut l'entendre en live. D'autant que la plupart des chansons
fonctionnent à plein.
Je ne sais pas ce qu'est le "rock français" en 2011 (quand j'entends Phoenix je m'inquiète), mais avec Skip the Use, il
commence à avoir de la gueule. Coup de coeur 2011, espoir 2012.
Histoire de vous faire une idée, la chanson "Gve me your life" version studio...
Les grandes amours ont ceci de commun avec les montagnes russes, qu'elles connaissent autant de haut que de bas. Parfois,
j'ai l'impression que le hard rock ne m'intéresse plus. Que j'ai tout écouté, tout entendu. Et que, tel le corbeau on ne m'y reprendra plus. Fini. On plie les gaules et on rentre chez mémé. Tiens
mets donc un NoFX. Faudrait que je me mette au jazz moi... Et pis "ça" revient. Toujours. Parce que c'est à la vie à la mort. Je l'ai su dès la première note du premier jour ("Bad boys running
wild" et son intro de verre brisée... Jabs forever !). J'ai signé. Avec le sang. Mais en vieillissant c'est de plus en plus dur. On se connaît trop. Une œillade ne suffit plus à faire rejaillir
le feu du volcan qu'on croyait trop vieux. Et le plus triste à ce moment là, c'est la certitude de la passion éteinte. Plus un seul disque ne provoquera l'excitation salutaire, la jubilation
juvénile, le shoot d'adrénaline... Plus une note pour retrouver l'éternelle jeunesse. Celle de Thundersteel.
Je l'avais lu dans Hard Force (et dans Hard Rock Mag) : Riot passait au speed metal. Me semble bien que Helloween était
cité. A partir du moment où l'on citait Helloween de toutes façons... Pour une référence à Kai Hansen j'aurais même acheté un Toto... De retour d'une virée parigote, je rapatrie mes précieuses
cassettes payées à prix d'or (Fnac Montparnasse). Chaîne stéréo. Casque. Moquette. Play (les télécommandes existaient déjà, merci).
"Thundersteel". Fulguro-poing dans ma gueule. Riff à la "Dream fantasy" de Loudness (l'une des plus grandes chansons de metal de tous les temps, j'écris ce que je veux tant que je le pense). En plus
rapide. Et plus rapide c'est bien. De mon point de vue millésimée 1988 en tout cas. Batterie rafale et chant ultra aigu de Tony Moore. Un inconnu. J'avais laissé Riot empêtré dans Restless
breed, album médiocre et peu inspiré, même pas illuminé par Speranza puisque poussivement chanté par son remplaçant, Rhett Forrester, et les revoilà speed mélodiques*. Le grand écart.
Pourtant...
Comme beaucoup, je me suis laissé abuser par la référence à Helloween et la vitesse d'exécution générale de l'album. Mais
Thundersteel est avant tout speed metal avant d'être speed mélodique. Aucune référence directe à la vague germanique de l'époque mais plutôt le renforcement d'une tendance déjà
perceptible sur les vieux disques speranziens. Et des convergences avec Maiden / Judas Priest. Oui, "convergences" et pas influences. Le premier Riot date de 77, contemporain du jeunot Judas et
précède largement le premier Maiden. Mark Reale a subi la même évolution que pas mal de musiciens de sa génération qui avaient fringale de décibels : démarrage rock seventies, potards à fond et
durcissement au delà du raisonnable avec entrée fracassante en terre metal. Propulsé par le thrashy Bobby Jarzombek à la moissonneuse batteuse, Mark "make it" Reale riffe vite et bien. Et s'il
délaisse les accords plaqués un peu rock'n'roll à la "Outlaws" (Fire down under), son jeu rythmique ne change pas fondamentalement (cf. Sonik #4). Ça décoche sévère et chaque trait
transperce l'armure : "Fight or fall" (speed), "Sign of the crimson storm" (heavy), "Flight of the warrior" (speed), "On wings of eagle" (speed), "Johnny's back" (quasi speed), "Bloodstreets"
(beau comme une journée d'automne battue par les vents), "Run for your life" (speed mais pas trop, c'quoi c'morceau ?**), "Buried alive" (heavy)...
Côté lead, Reale a, par contre, beaucoup évolué. Guitariste aux fondamentaux blues et verbiage rock, voire bruitiste (cf.
le Riot live ou le montage "Flashbacks" sur Fire down under) il remplace la
"branlette pentatonique" par un "dévalage" de manche à toute berzingue, fluidité tapping, motifs arpégés à la vitesse de la lumière toujours... mélodiques. Les solos sont tous mijotés, aux p'tits
oignons, et quand Reale ressort ses vieilles recettes ("Fight or fall") il n'oublie pas de phraser et de conclure avec élégance
9 titres, nothing more, nothing less. Juste assez pour rester sur le carreau (ou la moquette). Scotché. Défoncé.
Thundersteel, une pure came de metal freak, qui hache menu tout en donnant à chanter pour la journée. Sans oublier l'émotion, portée, notamment par Moore sur "Bloodstreets" et "Johnny's
back again". Pourtant sa voix cristalline semble bien fragile dans le tourbillon. Manque d'expérience ou production un poil trop mince, le chanteur semble curieusement manquer de puissance.
Pinaillage. 1988 fut une année faste (Seventh son of a seventh son, Imaginos, Keeper of the sevens keys - Part II, Odyssey, Kings of metal, So far so good... so what ?, Operation : Mindcrime,
Skyscraper, South of heaven, How will I laugh tomorrow..., Paris by night...) et Thundersteel a résisté tout autant que les autres pièces sorties à la même période.
The privilege of power(1990) Même équipe, même registre (plus varié même), pour un résultat mitigé. Embringué dans un concept album que jamais personne
ne comprendra, Riot expérimente. Des cuivres apparaissent sur certains morceaux ("Killer", un titre heavy agrémenté de cuivres jazzy / funk, de chœurs du même tonneau et de Joe Lynn Turner en
guest... le Raven de The pack is back n'est pas loin !). Plus loin une tentative réussie de pop bostonienne avec "Maryanne", superbe. "Little miss death" surprend par sa sophistication
mélodique... "Dance of death" (quel refrain !), "Black leather and glittering steel" ou "Storming the gates of hell" (générique de "Kaamelott" inside !) évoquent les meilleurs moments de
Thundersteel. Mais la mayonnaise ne prend pas vraiment : de longues intros "concept" (émission de radio ou de télé, musique orientale, bruitages divers...) plombent d'une minute ou deux
chaque titre... Pénible. D'autant que l'ouverture du disque ne donne pas un goût de "revenez-y" : "On your knees", c'est quoi ce refrain ?... "Metal soldiers", titre cliché pour une chanson à
l'avenant, aussi bon que du Steel Panther. Jamais bien compris ce que Riot avait tenté avec The privilege of power, mais le résultat s'avère bancal. Dommage,
avec une bonne télécommande, on passe un agréable moment.
Après le départ de Tony Moore, Riot a passé de longues années à descendre dans le marigot, englué dans un heavy metal
standardisé, bien exécuté, mais franchement pas enthousiasmant. La faute à un chanteur passe-partout (pas de fougue, qu'elle soit speranzienne ou moorienne) et un répertoire bien sage. Dans ce contexte, l'annonce de la reformation du line-up de Thundersteel a déclenché un frémissement chez votre
vieillissant serviteur. Hein quoi ? Moore chante encore ? Ok. J'dis rien, j'attends l'album, ils m'auront pas. Si c'est de la merde je prends le premier vol Perpignan-New-York et je crashe le
Cessna sur leur studio.
Si j'évoquais le volcan éteint en introduction, Immortal Soul a su le réveiller. P'têt un des rares disques avec
le dernier Accept que j'ai vraiment attendu. Dont je connaissais la date de sortie. J'ai même écouté Lulu et Th1rt3en pour patienter. Bon ok, Lulu... pas en entier.
C'est ça 2011 : un machin estampillé Metallica et on gerbe au bout de trois titres. Un autre siglé Megadeth et on regarde le programme télé en attendant que ça passe... Du coup, un nouveau disque
de Riot (avec Tony Moore bordel !) et c'est le petit cœur qui s'emballe, les doigts qui se croisent à s'en faire péter les phalanges.
Verdict ultra positif. Dès "Riot", la chanson d'ouverture, je suis à nouveau en 88 quand je me prends "Thundersteel" façon
parpaing en pleine face. "Riot", auto-citation de son fameux prédécesseur, est le "Painkiller" de l'album. Moore a pris du coffre et du médium (au fil des des années et des kilos). Le gars pète
le cristal à la Halford pendant que le groupe fonce, pied au plancher. Cherchez pas un refrain accrocheur, il n'y en a pas. "Riot" massacre tout et il faut attendre le solo pour enfin découvrir
une mélodie. Ça et le thème d'intro pris en sandwich dans le duel Reale / Mike Flyntz (le nouveau, par rapport au line-up historique à 4). 4'56 de boucherie. Riot n'a fait aucun prisonnier. Les
fans de Thundersteel sont déjà en pleurs, ceux qui, comme moi, ont vibré sur le dernier Enforcer, retrouveront le modèle original la gorge serrée. Pas le temps de dire "Ozzy Osbourne, prends ta retraite" que "Still your man" démarre : guitares maideniennes et ligne de
chant réjouissante : cette fois Moore ne défonce pas les portes et les tympans... "Still your man" joue le clin d'oeil à "Johnny's back again" ("All is forgotten or stolen or sold / All that
remains is a boy growing old [...] Hey Johnny, run and take my hand / I remember I am still your man"), etc. Passage au stand hard US avec "Insanity" ou "Whisky man". Même au fin fond du
disque, Riot ne faiblit pas : "Believe" et "Echoes" concluent superbement Immortal soul. On appréciera tout du long le soin apporté aux compos d'un point de vue mélodique — Moore est
responsable de la plupart des lignes de chant et de leur raffinement : l'équipe aime les petites transitions, les breaks et les plans "charnière" qui enrichissent les chansons et donnent toute
leur saveur aux multiples réécoutes (un paquet à l'heure où j'écris ces lignes). Un des meilleurs albums de l'année, classique mais pas rétro.
* J'ai longtemps ignoré que Forrester figure sur un autre disque de Riot, Born in America (1983), honte à
moi. ** Il ne s'agit pas de la chanson éponyme figurant sur Fire down under.
Afin de compléter et d'illustrer cet article, vous pouvez écouter le quatrième "sonik" d'Inoxydable
consacré à Riot grâce au lecteur placé ci-dessous (durée : 32'). Si vous préférez télécharger le sonik, Clic droit ici > Enregistrer la cible du lien sous.
Pour recevoir des badges et stickers Inoxydable il vous suffit de m'envoyer vos nom et adresse via le lien dans "Rien à déclarer" (colonne de gauche). Pour les paranos : je ne conserve aucune de
ces données et je les fourgue pas à je sais pas qui. Et c'est tout.
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