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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 17:59

Staline en prend pour son grad'

Après avoir longuement défoncé Metallica, me voilà sur le point de balancer sur Accept. Croyez-moi, j'suis pas fier, c'est pas comme si je voulais me donner un genre.

accept wolfhoffmann

Le 6 avril devait être une fête. Programmée. Inscrite aux frontons des écoles. Une de ces chouettes journées où tout converge : premier concert de la nouvelle tournée d'Accept, sortie de Stalingrad... Et si tout se passait bien, Wolf me dédiait "Screaming for a love bite" lors d'un rappel d'anthologie durant lequel il stickait sa guitare d'un chouette "Inoxydable". Tout était calé, prévu, j'vous dis.

M'étant mangé les adieux de Scorpions à Montpellier (avec l'extinction de voix de Meine au quatrième titre) dans une Arena qui devrait se contenter d'accueillir des types en short plutôt de que de prétendre officier des messes rock'n'roll, j'avais sciemment choisi le Bataclan et un des dix meilleurs groupes metal (si vous trouvez les neuf autres avant la fin du papier, vous gagnez un badge*) pour passer un chouette concert et éviter les batteries plastique et l'effet hall de gare.
Perdu !

Vu la foule grisonnante parquée là, le sonorisateur a cru 180 dB nécessaires pour se faire entendre de tous les sonotones. Deux accords et mes tympans saignent, la batterie et cette saloperie de basse entrent en jeu et je deviens sourd. Je m'en aperçois en gueulant "c'est quoi ce son de merde ?" dans l'oreille de mon prestigieux camarade de jeu (célèbre palmipède métallique) : p'tain j'entends même plus ma propre voix ! Vécu la même chose avec AC/DC à Bercy, la souffrance en moins...
Je vois déjà l'épitaphe sur la pierre tombale de mes tympans : "c'est le 6 avril 2012 que monsieur Ours, musicologue tatillon, a perdu l'intégralité de ses capacités auditives, lors d'un concert de monsieur Loup - Monsieur Canard compatissant".

Bon ok c'est méga fort, je dois être trop vieux. Bite au vent du pauvre, je me concentre alors sur le spectacle. Accept, teutons carnassiers, fidèles compagnons 25 ans durant, sont juste là, à 10 mètres. Hoffman tout en crâne chauve et rictus maniaque, taillade sa Flying V, prend la pose, appelle les cris de ralliement des vieillards venus le soutenir et fêter son retour. Dans la bouillasse du mix, le son du bonhomme reste reconnaissable, proche de la version studio. Ce type est au firmament et ça, même un sonorisateur aussi scandaleux n'y changera rien. Une bonne chose de prise. Pour le reste c'est la catastrophe de bout en bout : batterie synthétique, basse dévorante et insupportable, guitare rythmique inutile (Hermann Frank devrait monter un club avec Jannick Gers). Et Tornillo ? J'aimerais raconter que le Brian Johnson US a assuré. Mais je le trouve à la peine. Le mix à ras des guitares tente de masquer sa difficulté à sortir les aigus (on connaît l'astuce, Dickinson fait la même chose). D'inoxydables compagnons m'assurent qu'il était bien moins en forme sur la tournée Blood of the nations... Et ben... Il se donne, s'époumone, mais il souffre, à l'évidence, là où Johnson, sourire aux lèvres, joue avec sa casquette et raconte lubriquement que cette gonzesse entretient soigneusement sa machinerie...

C'est un peu triste. Mais le plus triste ce sont les applaudissements du public... J'y vois le contentement de vieillards nostalgiques de leur jeunesse et leurs cheveux disparus. BRROAARRBROUUM sonofabitch BRROAARRBROUUM ballstothewalls BRROAARRBROUUM ... On entend rien mais on applaudit.
Enervement de mon côté. Nous sommes des veaux. On applaudit sa petite madeleine proustienne, ses souvenirs, son vécu, le fait d'être encore en vie, encore assez alerte pour assister à un concert metaaaaaaal... mais pas la réalité, l'instant présent et ce spectacle médiocre.
Je voudrais applaudir le BON concert d'un excellent groupe. Je fais des efforts. J'essaye de rentrer en connexion avec le grand chauve, ce mec qui m'a aidé à supporter mes 15 ans et dont j'aime encore la musique, la finesse de jeu, les riffs... je suis concentré, mais je n'y arrive pas. Les gars ne déméritent pas, assurent le job, heureux d'être là, mais ce son de merde gâche la fête, gâche tout, l'instant, l'œuvre et la rencontre. Ce solo de basse lamentable ou ce vague kata guitaristique ne sauveront pas la soirée...

accept stalingrad

L'amertume s'installe d'autant plus que Stalingrad s'inscrit déjà dans la longue liste des albums ratés. La faute à la précipitation. Le groupe a écrit très rapidement les dix chansons du disque. Et ça s'entend. Là où Blood of the nations fêtait les retrouvailles et passait, dans les moments les plus limites, à l'énergie, Stalingrad devait réinstaller Accept sur le trône avec de l'ultime, de l'immense, de l'inattaquable, de l'historique. A la place on se tape un album d'UDO... voyez le genre ? Un metal made in Germany mais usiné à la chaîne, pas désagréable "en fond", mais dont on ne retirera rien. Pas de substantifique moelle, pas d'enthousiasme à la "Pandemic" ou de sanglot hurlé à la "Time machine". "Shadow soldier" sauve l'honneur, "Stalingrad" fait illusion... Et "Hung, drawn and quartered" ouvre solidement le bal... Un riff ici, un choeur là. Après queqlues écoutes, on ajoutera "Against the world", "Revolution" et "Twist of fate", fruits d'un artisanat correct. 6/10 avec indulgence donc. Pas assez pour Accept. Pourquoi ne pas avoir attendu 6 mois de plus et décrocher le grand chelem ? Pourquoi dois-je me fader "The gallery", "Flash to bang time" ou "Hellfire" et "The quick and the dead" ?
L'album évite le naufrage complet grâce à Hoffmann qui brille de mille feux. Chacune de ses interventions tire les compos vers le haut, vers le soleil, vers cet endroit stratosphérique où l'oxygène manque : où le monde devient plus beau et où l'on s'enivre de ses leads lumineux. Mais des solos ne sauveront jamais un disque mal foutu.

Médiocre. Pas d'autre mot. Comme le Unisonic (échec annoncé par des extraits boueux), le Van Halen, comme tous ces disques qui ne jouent que sur une seule chose : notre faiblesse, notre envie que ce soit "comme avant", comme à la "grande époque", comme dans ce passé glorieux et fracassant que l'on cherche à faire durer encore et toujours, pour repousser l'instant tragique de l'engloutissement de ce petit monde que rien ne remplacera. Même pas Sabaton.

Le 6 avril, en même temps que mes tympans, sont mortes nos dernières illusions qui nous font secrètement attendre encore un bon disque de Maiden, d'Accept ou de Metallica. Il faut se résigner, cela n'arrivera plus. La veillée mortuaire s'éternise, mais ça reste un enterrement. Allez Canard, sers moi une deuxième Faro. Faudra bien ça pour oublier.

 

* Accept, ADX, Kai Hansen (Helloween / Gamma Ray donc), Iron Maiden, Judas Priest, Loudness, Manowar, Metallica, Motörhead, Rage, Saxon et Scorpions... Bon ok, en fait, ce sont mes préférés et j'en ai mis douze, comme quoi, je respecte vraiment rien.


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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 22:41

Un ch'tit wagon de cinq lignes histoire de passer la semaine au chaud et d'avoir quelque chose à mettre sur vos Facebouques. J'entends déjà les fans de Megadeth sangloter. Feraient mieux d'écouter le Saxon, les vieux ont encore quelque chose à dire.

Betontod -
Anti-rockstar  (2011)
Je ne sais strictement rien de ce groupe allemand, qui chante allemand, dont le site est rédigé en allemand et qui ne semble "connu" qu'en Allemagne (et moi j'ai fait Anglais / Espagnol). Donc faut pas m'en vouloir. Ce que je peux raconter surAnti-rockstar (à part qu'il a tourné en boucle pendant plusieurs semaines chez moi), c'est que Betontod donne dans un street punk calibré, avec gros son limite metal, refrains basiques très accrocheurs, émotion houblonnée, grosse voix et sourcils froncés. L'album est une réussite, quasiment chaque chanson fait mouche et on passe de la fête de la bière à une mélancolie punk rock coutumière. Coup de cœur. Je mets même un clip tellement j'suis un dingue.




Cobra Skulls - American Rubicon  (2009)
Les crânes de cobra... Savent plus quoi inventer les gars. D'ailleurs ils inventent pas vraiment leur zique, une version light, directe et pas torturée du tout des premiers albums d'Against Me!. Une sorte de country rock punk enlevé aux réminiscences skas, sympathique, voix grasseyante et généreuse, bonnes intentions... Rafraîchissant.


Saxon - Call to arms (2011)
Le calamiteux Into the labyrinth nous a rappelé que Saxon, comme Motörhead, peut passer du statut de meilleur groupe du monde à celui de meilleur somnifère. Avec Call to arms Saxon se ressaisit, délaisse l'orientation trop metal de ces dernières années (la métallisation à outrance le rend quelconque) pour s'alléger et se vivifier. Alliance de bons riffs, de bons refrains ("Hammer of the Gods", "Chasing the bullet", "Surviving against the odds", "Balls of the working man"...), d'une belle énergie et d'un Byford au top. A part un ou deux titres lourdauds ("Back in 79", "When doomsday come"...), Call to arms replace Saxon sur son piédestal.


Van Halen - A different kind of truth (2012)
Dieu a guéri de son cancer, a convoqué Saint-Pierre et décidé de se remettre au banjo. Tout à sa joie de créer et de rappeler qui trônait tout là haut dans le ciel, il a oublié d'écrire de vraies chansons. C'est ballot. Pour être plus précis, A different kind of truth renoue avec la tradition allant de II à Fair warning inclus. On a droit à du "wahou" et du "yeaahh" par paquet de douze, DLR oblige, des solos à tomber à la renverse et du fun par quintaux. Par contre, les titres s'avèrent plutôt faiblards. Fan de 1984, 5150 ou F.U.C.K. (donc de songwriting aux petits oignons) ce ne sera pas pour cette fois. Si l'Halen est fraîche, faudra quand même bosser un peu plus pour le suivant.


The Poor - Round 1 & 2  (2011)
Rien qu'à lire les papiers sur le groupe, j'en avais un durcissement matinal. Des mazafaka Aussies, élevés au Jack D. et à la gazoline. Autant dire que je m'en pourléchais les bacchantes. Las, on m'a une fois de plus abusé, confondant flacon et ivresse. The Poor, aussi honnête et sympa soit-il, n'est pas très bon et ses chansons ne tiennent pas la distance dès lors qu'on ne les écoute pas avec quatre grammes dans le sang : ça manque de riff, de refrain et de ce petit plus qu'avaient Rose Tattoo ou AC/DC. Pour la peine
:



Royal Hunt - Show me how to live (2012)
Depuis que D.C. Cooper a quitté la Chasse Royale (pour mal chanter chez n'importe qui... Silent Force quelle rigolade !), j'étais en froid avec le groupe vu la fadeur incroyable de son remplaçant Jean Ouest. Alors quand j'ai découvert que Dici était à nouveau là, mon sang n'a fait qu'un tour. Il en a fait un deuxième à l'écoute de "One more day", titre d'ouverture dont l'intro est la copie note à note de je ne sais plus quelle chanson de Paradox ou de Moving target (c'était tellement naze que j'ai pas voulu vérifier). J'ai tenu jusqu'à ce que D.C. l'ouvre. Ce mec ne chante jamais aussi bien qu'avec Royal Hunt. Mais bon... Tout ça sonne déjà entendu (le mélange unique de metal "symphonique au clavier" et de hard FM), s'écoute gentiment mais fleure évidemment la $incère reforma$$ion.


The Treatment - This might hurt (2011)
Nouvelle sensation anglaise (comme tous les six mois, la précédente c'était The Answer), The Treatment est censé renouer avec le Def Leppard du début, tout ça croisé avec des tas de trucs supers (dans le désordre : Free, Tesla, Aerosmith, AC/DC...). Effectivement ces petits rosbifs sont moutardés comme à l'époque, mais il manque quelque chose qu'avait le Def Lep de High'n'Dry. Le talent peut-être ? Méchant ! High'n'Dry était un deuxième album. Alors on attendra le suivant pour se prononcer.


Manraze - Punkfunkrootsrock (2011)
Quand Phil Collen s'emmerde (à l'écoute des derniers Def Lep on en déduit que ça doit souvent être le cas), il joue dans Manraze avec Simon Laffy, son pote de Girl et Paul Cook, le type qui s'en battait les couilles en jaune et rose. Ces jeunes gens (ahaha) veulent faire du punk funk roots rock donc. On imaginera que la présence de Paulo justifie le punk, que quelques sonorités en son clair donnent le funk (perso j'entends plutôt du reggae policier...). Quant au roots rock, je cherche encore, l'ensemble sonnant furieusement comme Def Lep (c'est d'ailleurs assez marrant d'entendre Collen chanter comme Joe Elliot). Un album sans grande consistance (à part "Get action", dommage qu'il n'y en ait qu'une comme ça).


Fastway - Eat dog eat(2011)
Fastway fait partie de mes p'tits groupes chouchoux hibouhiboux genougenoux cailloucailloux (avec Waysted notamment). Alors quand j'ai découvert que Fast Eddie était à nouveau là, mon sang n'a fait qu'un tour. Eat dog eat s'inscrit dans la lignée des premiers albums, oubliant le gros virage FM qui tache. Première déception, Dave King vit bien sa reconversion punk folk celtique avec Flogging Molly, merci pour lui, et il n'est pas de la partie. C'est l'ancien chanteur de Little Angels qui le remplace. Sauf qu'à mon sens, personne ne remplace Dave King. Soit. S'il n'arrive pas à la hauteur du Roi, le gars ne démérite pas. Par contre, Fast Eddie démérite complètement avec des riffs sans patate, des refrains quelconques et des chansons terminées au dos d'une déclaration d'impôts. On est loin du feu sacré de All fired up. On attendait le rugissement...


Screeching Weasel - First world manifesto (2011)
Retour en fanfare pour les Screeching Weasel. Je ne saurais trop vous conseiller de vous reporter à l'article sur My brain hurts pour saisir toute la portée et le génie de ces ramones-like de luxe. First world manifesto est un carton plein. Du tube, du tube et du tube. Des accents de tristesse à fendre l'âme en deux notes, tout ça avec les trois accords obligatoires. Le tout avec une bonne prod. A classer entre My brain hurts et Bark like a dog.


Screeching Weasel - Carnival Of Schadenfreude (2011)
Carnival of machin démontre, si c'était nécessaire, la difficulté d'aligner des tubes à deux notes et trois accords. Parce que ça ne tient pas à grand chose. Et en l'occurrence ça tient à rien. En fait de carnaval cet EP relève plutôt de l'enterrement. Après le fait divers qui a entraîné le split du groupe, ce disque et le nouveau line-up ne rallument pas la flamme. A ranger entre Boogadaboogadaboogada ! et Emo. Voire à ne pas acheter du tout pour pas devoir le ranger.


Megadeth - Th1rt3en (2011)
Le dernier Megadeth en date est meilleur que le dernier Metallica. C'est pas pour ça qu'il est bon. On en veut moins à Mustaine qui a toujours été un con et n'a jamais orné un cahier d'Economie en Terminale B. Ça déçoit moins.


Banner Pilot - Heart beats Pacific(2011)
J'avais déjà évoqué le groupe pour Collapser, l'albumprécédent, regrettant le manque de mélodies fortes. Banner Pilot poursuit son petit bonhomme de chemin dans une direction punk / hardcore un peu émo criarde tout en soignant davantage ses lignes de chant. On trouve même quelques gimmicks vocaux à la Blink, c'est dire l'ouverture d'esprit. Quitte à en écouter un, si vous voulez découvrir ce son de basse toujours aussi incredibeule, une voix rageuse et un p'tit quelque chose d'unique finalement, c'est celui-ci qu'il vous faut.



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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 15:40

L'année dernière une connaissance découvrait ce blog. Ayant peu d'intérêt pour la sous-culture et les arts mineurs, la première question fut : "Mais... heu... ça intéresse qui tout ça ?"
J'avoue avoir été légèrement désarçonné par cette interrogation, somme toute pleine de bon sens.
Ma seule réponse fut : "Ben... les gens comme moi..." (sous entendu les gros attardés mentaux qui aiment perdre leur temps à réfléchir à tout un tas de trucs intutiles au sujet de disques à la con). Du coup je me suis dit qu'il ne me restait plus qu'à boucler ce blog et à me mettre à la lecture de livres sans image.
Et aujourd'hui, en ce 04/03 de l'an de grâce 2012, soit un an après que me fut posée cette déstabilisante question, j'ai la réponse, en image.
Voilà à quoi Inox sert et c'est Zoso qui a fait une jolie photo des machins qu'il a empilés dans sa chambrette suite à ses saines lectures ici même.

DSCF13408 S

Ben j'sais pas vous, mais moi, ça me fait quelque chose.
Merci à toi fidèle lecteur.


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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 00:16

Metallica - Beyond magnetic

La confiance, comme tout un tas d'idées abstraites, absolues et magnifiques, est une vaste connerie que l'on nous vend en littérature, au cinéma... Des mains qui se serrent, des gens qui s'étreignent, des regards les yeux dans les yeux. Brother in arms. Blood on blood. Croix de bois et tout le saint-frusquin.

Et nous, pauvres pommes, on y croit dur comme fer. Ça existe, serre m'en cinq, I believe.
Foutaises.
L'humain est fait pour décevoir. Veule et médiocre il arpente une planète exsangue, avec pour seule idée en tête, enfiler son voisin. J'ai beau savoir tout ça, je continue de croire et d'espérer un sursaut, une exemplarité, un gardien du phare dans la nuit glavioteuse.

A 17 ans, j'avais James Hetfield. Lion rugissant, vouté sur une Explorer immaculée (à l'exception du célèbre "more beer" dont la finesse poétique tirera des larmes à tous les descendeurs de Valstar de par le monde, je leur laisse ma part). James Hetfield était "almighty". James gueulait qu'il fallait combattre le feu par le feu et qu'on les tuerait tous. Engoncé dans ses jeans noirs, Jimmy n'en avait rien à foutre. Il ratiboisait gratis à grands coups de hachoir (la meilleure main droite depuis... heu... Malcom Young ?), sûr de son fait. Intouchable et incorruptible, ce fils du punk et du heavy metal montrait qu'il était possible d'être droit dans ses Americanas et ne jamais baisser son fute.

James et son orchestre ornaient mon petit cahier d'Economie de Terminale. J'aimais tellement cette photo du groupe, en live, devant un backdrop Master of puppets (soigneusement découpée dans Hard rock magazine), qu'une fois le cahier achevé, j'en avais scotché un second dans la couverture du premier, histoire de conserver les Mets toute l'année avec moi et supporter un peu mieux les yoyos des balances commerciales, du serpent monétaire de mon cul et je vous parle même pas du CAC Forty.

Par la fenêtre, je voyais les saules de la cour se balancer mollement sous la brise printanière. Le bac approchait et j'avais beau compter et recompter, mes propres pronostics me donnaient perdants (si j'ai 8 en maths faut que j'ai 12 en espagnol et ça c'est pas vraiment possible, bla bla bla). Et alors que l'ours bonasse qui nous servait son brouet éco parlait d'un voix douce incitant à une somnolence digestive, j'imaginais mon avenir. Et je savais, obscurément, tout là bas dans les années 80 que, quoi qu'il arrive, bac ou pas bac, Metallica serait avec moi. Forever. Together. Le metal vivrait en moi comme au premier jour. Comme un cœur qui bat. Comme le sang qui coule. Comme l'air et l'eau.

Et si la musique dans son ensemble ne trahit jamais, ne vous laisse jamais à la ramasse, vient vous sortir du caniveau, vous ramène à la casa et vous tire même la couette sur les épaules pour pas prendre froid, les musiciens, les groupes, eux, vous abandonnent. Comme une vieille merde. Sur le bord de la route. En plein vent. Jamz m'a cloué là, moi, mes illusions rock, mon idéalisme binaire en bandoulière et mon désir d'absolu dans l'oignon (c'est le plus douloureux, surtout quand le désir se révèle de bonne taille).
Pourtant j'étais allé au carton pour lui. Je l'avais soutenu. J'avais acheté le single de "Until it sleeps". Qui était pas mal. Et j'expliquais à qui voulait l'entendre (un copain bassiste en l'occurrence) que la chanson était bonne, et que non, c'était pas vraiment une ballade même si on pouvait le croire.
Par contre j'ai pas pu défendre longtemps les 75 autres merdes de Load / ReLoad. Une sacrée soupe à la grimace. Une bouse dont je sauverais toujours "Hero of the day" et "Wasting my hate". Et "Until it sleeps" (qui est une ballade mais pas tout à fait).

Depuis Jamz et moi, c'est un peu fini. Mon cahier d'Economie a fini à la poubelle juste à côté de mes illusions chiffonnées. Et c'est pas avec Some kind of monster (excellent reportage ceci-dit) ou Mort magnétique (sans déconner ce titre) que nous nous sommes réconciliés.
Et je m'étais quasi juré de ne pas écouter cet EP que je savais merdique. Evidemment, ça n'a pas loupé, j'ai encore eu raison (ça vous change des 50 papiers où je vous ai raconté que je détestais tel truc mais qu'en fait c'était super). C'est quoi ce machin ? Des chutes studio de Desse Maniétique... Des chutes d'un truc qui est déjà au fond du ravin ? Plus bas, on va trouver du pétrole... 4 "chansons" de 7 minutes et des brouettes (qui paraissent des siècles) pondues par un groupe qui a perdu toute lucidité depuis 20 ans. Non content d'avoir sorti l'album le plus transparent / chiant / inepte / inutile / minable (j'ai pas dit mauvais, ça c'est Load / ReLoad) de leur carrière, ils ont estimé avec le peu de cervelle qui leur reste que ces 4 trucs avaient BESOIN de sortir, qu'il FALLAIT qu'on les écoute.

Et moi pauvre pomme, j'ai perdu un peu du soit disant précieux temps de mon existence à m'exécuter. Parce que... Parce que... Parce que Jamz était sur mon putain de cahier d'Eco de Terminale B, parce que le passé vous rattrape toujours, voilà pourquoi.
Un instant, j'y ai presque cru. Sont malins les mecs : ils n'ont pas gardé le mix tout moche de Rick Rubin (qui s'est bien foutu de leur gueule, même si ça m'a fait marrer de lire de pauvres petits cyber-hardos tout choqués par la saturation de la sus-dite daube). Metallica a privilégié un son relativement naturel, un peu vieillot, thrashy Bay Area si vous voyez ce que je veux dire... Z'ont même ressorti quelques vieilles cavalcades époque Qui l'a molle. Les enfoirés.

Et me voilà en deux riffs et demi à me repasser le film au ralenti, toutes ces années perdues, soudainement effacées par un EP quatre titres, aussi déglingo que le Garage days... Un machin mal fagotté qui pue la sueur et l'huile de vidange, tout en accélération débiles et solos épileptiques. Je voyais déjà le papier que j'allais écrire : "Metallica remet les compteurs à zéro et nous réexplique la vie", "Jamz à nouveau almighty" bla bla bla... Je me lancerais alors sur les routes, des piles du EP dans le coffre de ma vieille 323, métallique prosélyte, distribuant la bonne parole à tous les gueux et autres fans de Slipknot. Le Roy est mort, vive le Roy ! Ahahaha, ils allaient voir tous ces cons. Putain les mecs, Metallica is back. By popular demand the uncut version, more beer, fuck it et... et... et... me voilà fort dépourvu quand la bise fut venue. Beyond magnetic est aussi pire que son prédécesseur, voire davantage moins bien (à ceci près qu'il dure moins longtemps).

Metallica continue de devenir le pire groupe du monde, risée de la sphère métallique, traitre errant de catastrophe en naufrage, jamais rassasié de sa propre médiocrité, aveugle au point de ne plus distinguer le jour et la nuit, juxtaposant à l'infini des riffs inconséquents de jam dans un désordre turfiste, dérangeant à peine la poussière des lampes de Marshalls écœurés de déverser de force autant de sons faisandés. Et quelle tristesse d'entendre Kirk Hammet patauger dans cette mélasse, essayant d'aligner un solo correct sans jamais y parvenir (autant le virer vu ce qu'il apporte).
Beyond magnetic est au delà du magnétisme, au delà du pire. Comme tous les êtres humains de ce monde misérable, Metallica se traine, veule et méprisable, mendiant encore les cris de fans débiles, tout heureux d'entendre des chansons vieilles de 35 ans, jouées par des fonctionnaires du thrash seulement soucieux de boucler leur carnet d'intermittent du talent.

Jamz est passé du côté obscur depuis longtemps. Il a sali son propre groupe et tous ses fans. Qu'il arrête. Si l'on pardonne leur incontinence aux vieillards trahis par leur corps, on sera moins indulgent avec des quadras bruyants essayant de rester jeune en nous chiant sur les bottes.
On peut vraiment faire confiance à personne.


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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 17:32

La guitare pour les nuls par un nul

Si vous ne savez pas ce que signifient : arpège, legatto, tapping, harmonique, etc. ce sonik est fait pour vous : la guitare pour les nuls expliquée par un nul, une première dans le genre sur Inox.

Bonne écoute, en espérant que vous saisirez mieux le merveilleux monde le la guitare après ceci.


Si vous préférez télécharger le Sonik, Clic droit ici > Enregistrer la cible du lien sous.

Les extraits utilisés dans ce sonik sont tirés des morceaux suivants :
- "Nothing else matters" de Metallica (s/t)
- "Ain't talkin' about love", Van Halen (s/t)
- "Children of the sea" de Black Sabbath (Dio at Donington UK - Live 1983)
- "Crusader" de Saxon (Crusader)
- "Stairway to heaven" de Led Zeppelin (IV)
- "Master of puppets" de "Metallica (Master of puppets)
- "Never surrender" de Saxon (Heavy metal thunder)
- "Antisocial" de Trust (Répression dans l'hexagone)
- "Painkiller" de Judas Priest (Painkiller)
- "Yellow rain" de Pretty Maids (Future world)
- "Kickstart my heart" de Mötley Crüe (Dr Feelgood)
- "Eruption" de Van Halen (s/t)
- "Flash of the blade" de Iron Maiden (Powerslave)
- "Thunderstruck" de AC/DC (Razor's edge)
- "Top Jimmy" de Van Halen (1984)
- "Woke up with wood" de ZZ Top (Afterburner)
- "Straight to the heart" de Dio (Dio at Donington UK - Live 1983)
- "Secret loser" de Ozzy Osbourne (Ultimate sin)


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